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BIENVENUE

Nous sommes un couple, la trentaine passée, amoureux de nature et d'aventure. En 2005-2006, nous avons chevauché notre tandem pour effectuer en autonomie complète, durant une année, une traversée du continent américain, de l'Alaska à la Terre de Feu. Nous avons 2 enfants maintenant et continuons à explorer notre belle planète simplement. Retrouvez nos anciennes vadrouilles sur www.tandaimenature.unblog.fr

 

Nous avons créé ce nouveau blog pour continuer à partager avec vous en images nos futurs périples à pied, à vélo et en famille, en France ou à l'étranger. Vous trouverez également sur ce blog les informations concernant nos diaporamas et nos publications (livre et articlesainsi que le suivi de notre projet pour 2012 et le lien avec des élèves du primaire et du secondaire…

Bon voyage!

 

Myriam Walter et Arnaud Dulieu

 

Pour nous contacter : tandaimenature05(arobase)voila.fr



cd 12 143

30 mars 2012 5 30 /03 /mars /2012 18:07

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Romane s’est endormie bercée par le mouvement balancier du dromadaire. Je la coince avec une jambe, une main accrochée à la selle, l’autre lui servant de repose-tête. Le lendemain, j’ai des courbatures et des douleurs au genou. Le vélo est finalement moins éprouvant ! Nous quittons les dunes et remontons sur nos engins en suivant la courbe et les méandres formés par l’oued Ziz. Nous nous arrêtons sous les palmiers dattiers, les oiseaux nous offrent un concert printanier et les amandiers fleurissants, un clin d’œil de blanc dans ce tableau bicolore que forme le ruban de palmiers verts dans le creux des montagnes ocres.

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Nous empruntons la nationale, seule route existante, pour remonter vers le Nord du pays. Le trafic s’intensifie, le vent et les montées aussi, nous roulons têtes baissées, le paysage caillouteux et désertique lasse nos esprits. Nous cherchons un endroit attrayant pour les petites. Cela devient difficile. Mon genou couine, grince, coince. Je n’appuie plus que d’une jambe sur la pédale. On arrive à Er-Rachidia, la ville, les klaxons, les piétons, la pollution, tout est fait pour augmenter notre tension. On cherche une solution. Continuer dans ce désert cela devient trop long, il nous faut changer de région. Nous prenons un bus, nos bicyclettes et charrettes dans la soute. Nos pépettes bien heureuses de partager un petit bout de chemin avec une cinquantaine de marocains, sont toutes existées de cette nouvelle expérience.

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Rachid nous accueille à Azrou. A 27 ans, il vit de petits boulots, de thé et d’amitié. Il a espoir d’améliorer sa situation et celle de sa famille, Inch Allah comme il dit. En attendant, il partage son temps avec ses amis au café le regard qui s’évade entre les tuiles vertes des toits de la ville et l’horizon vallonné des montagnes du Moyen-Atlas.

Après l’avoir quitté, nous visitons une forêt de cèdres, endroit idéal pour pique-niquer. Nous sortons nos gamelles et victuailles quand soudain, à peine le dos tourné, un voleur s’empare de notre pain. Noémie voulait tellement manger un sandwich de Vache qui rit et pleurniche : « Mais maman, fait quelque chose ! ». « Je ne peux rien faire ; tant pis, on se contentera de tomates, de pommes et d’oranges » lui répondis-je. Soudain tout un groupe d’individus nous encercle, prêts à saisir l’occasion pour s’emparer de notre butin. Noémie s’équipe d’un bâton, Romane prend peur, nous sommes tous aux aguets. Mais, le chef, bien plus costaud et impressionnant que les autres a eu raison de nous. Il nous dérobe un fruit et le dévore sous nos yeux ! Nous restons penauds au pied des arbres sous le regard moqueur des…singes.

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La population a changé par rapport au sud du pays. Les gens semblent plus ouverts, plus spontanés. Le sourire des femmes est rassurant nous rappelant qu’elles existent car elles se faisaient tellement oublier dans le désert, déambulant telles des ombres dans les rues, sapées entièrement de noir et ne laissant à découvert que leurs yeux, parfois même qu’un seul œil ou aucun. Dans le Nord en ville, certaines femmes prennent le volant, d’autres, cheveux lâchés, sont véhiculées à l’arrière d’une mobylette.  

Les fillettes dorment dans la remorque. Nous stoppons brièvement sur le bas côté pour admirer une vue panoramique sur la région. Un monsieur s’approche d’Arnaud interloqué par notre équipage. D’une voix forte, il le questionne sur notre voyage et en s’approchant de la remorque appelle les filles. Elles sursautent. Nous n’avons pas le temps de lui en vouloir de les avoir réveillées que déjà ils s’exclament : « Vous allez à Fès, n’est-ce pas ? Soyez les bienvenus à la maison. Tenez, mon numéro de téléphone et celui de ma femme. Appelez dès que vous arriverez dans la ville.» Puis, il remonte dans sa voiture, continuant son chemin.

Nous passerons 3 nuits chez lui et sa femme. Nos échanges furent riches, nous ne détaillerons pas tout ici.

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Artisan fabriquant les mosaïques en céramique à Fès

Heureux de retrouver le silence et la nature après le brouhaha et les murs de la ville, nous grimpons fortement entre les oliviers pour quitter Fès.

Maroc 2606Par ici, les ânes et les cheveux servent à parcourir les chemins montagneux. Les charrettes et les vélos ont disparu. Le ciel est gris, les premières gouttes de pluie tombent. Nous nous abritons près d’une maison. C’est là que nous passerons la nuit, accueilli par Aziza. Avec nos quelques mots d’arabes et ses quelques mots de français, nous communiquons, rions, partageons un excellent moment convivial. Assise sur sa peau de mouton dans sa maison en terre, Aziza coiffe les longs cheveux de ses filles joliment teintés à l’henné et les enduit ensuite d’huile. Nos filles y ont droit aussi ! Elles s’endorment ensuite dans la pièce bercées par de la musique marocaine. Au matin, alors que nous sommes en train d’empaqueter nos affaires, Aziza nous offre une bouteille d’huile d’olive fait maison. Elle nous mime sa demande. Je comprends que si nous revenons au Maroc, nous sommes invités à dormir à nouveau chez elle.

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Aziza et Amina devant leur maison nous saluant pour notre départ

Le lendemain, nous saluons au bord de la route quatre jeunes filles à vélo. Elles nous réclament une pompe. Arnaud s’arrête. Elles nous remercient. Narjisse, 17 ans nous propose de venir dormir chez elle. Nous sommes abasourdis par une telle initiative. Ses lycéennes nous invitent ensuite à prendre un goûter dans un snack. On se régale de milk-shake à la fraise, yaourt et harcha (galette de semoule). Elles refusent que l’on paye. Après plusieurs appels sur leur téléphone portable, Narjisse nous explique : « Ok, vous venez avec moi, mais comme mes parents ne sont pas là ce soir, vous dormirez chez ma grand-mère, ça vous va ? ». Plus tard, nous rencontrons ses parents, discutons de la France, du Maroc, de la crise, de la sécheresse, des études, du problème des déchets, du développement du pays, de la corruption…Ils nous invitent ensuite à déjeuner chez eux le lendemain. Nos filles sont chouchoutées par les leurs. A table, Noémie demande : « Je peux prendre les doigts ? », « Mais oui, tu dois prendre tes doigts ! » répond Aïcha, la maman. Et nos mains s’entremêlent par-dessus les plats. Elle nous propose de rester encore, même plusieurs jours. Nous avons déjà l’impression d’être en famille avec eux. Nous nous enlaçons, j’ai les larmes aux yeux. Nos deux petites souillons rentrent dans leur carrosse transformées en Cendrillon, parées de colliers, rubans, coiffées de barrettes, elles se regardent dans le miroir rose offert par les deux adolescentes. Narjisse nous accompagne en vélo jusqu’à la sortie de la ville. Elle souhaite avoir son bac avec mention pour pouvoir faire médecine. En tout cas, je donnerai la mention très bien à la valeur humaine de cette jeune fille. Je laisse ensuite mes pensées m’envahir : si les rôles étaient inversés, y aurait-il en France, des lycéens capables d’inviter ainsi des étrangers de couleurs rencontrés au bord de la route? Et si oui, y aurait-il des parents suffisamment ouverts pour accepter cela et ne pas traiter leur enfant de fou ? En tout cas, si tous les jeunes d’aujourd’hui étaient des Narjisse, il n’y aurait pas d’inquiétude à avoir sur l’avenir et la paix dans le monde !

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  Aïcha, Noémie, Mina et Romane

Nous ne pouvons pas tout écrire sur ce blog, il y a encore mille et une chose que nous aimerions raconter comme la rencontre avec Nordine.

Maroc 2698 Cet homme à commencé à réprimander Arnaud parce qu’il emmenait sa femme et ses enfants sur des routes dégradées où il n’y a plus rien pendant une cinquantaine de kilomètres, seulement quelques paysans. Et, la tournure inédite que cette rencontre a générée.

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La route est effectivement défoncée, trouée, caillouteuse. Nous avons davantage mal aux bras qu’aux jambes tellement il faut empoigner fortement le guidon. Le terrain montagneux du Rif ne nous laisse aucun répit. Nous gravissons une succession de cols sans même éprouver le soulagement des descentes qui s’avèrent scabreuses. Les amortisseurs de la remorque sont efficaces mais les filles ne dorment pas, elles jouent et rigolent bien à l’intérieur de leur cocon.

Le lendemain, c’est un vent déchainé que nous devons affronter. Malgré une route goudronnée, nous roulons à vitesse minimale. Il est parfois si violent qu’il nous projette sur le côté ou nous arrête dans notre élan. Il n’a d’agréable que les senteurs qu’il transporte. Tour à tour nous humectons la forte odeur de l’huile d’olive, le doux parfum des fleurs d’orangers. Malgré tous nos efforts, nous n’arriverons pas jusqu’à la ville. Nous lâchons les armes en haut d’une côte et plantons notre tente, après l’accord du propriétaire, dans l’enceinte d’une petite maison de campagne.

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Il nous manquait un troisième jour pour compléter le palmarès des jours les plus difficiles ! Au réveil, nous comprenons à la couleur du ciel que le vent sera remplacé par la pluie. C’est ainsi que nous enchaînons encore des cols sous les averses et craignons pour les descentes de glisser sur la chaussée. Nos deux anges dorment profondément bien à l’abri et ne s’aperçoivent même pas qu’il pleut ! Les paupières s’ouvrent, la pluie cesse, Noémie s’exclame : « Oh, la route est vraiment penchée ! Faut faire attention maman de ne pas reculer ! » Elle est effectivement parfois si pentue que même les camionnettes chargées de marchandises pour le souk ont du mal à monter, nous projetant en pleine figure une bonne bouffée de gaz noirâtre. Les dattes et figues séchées sont digérées, Chefchaouen se dévoile, accolée à la montagne. Nous sommes soulagés. Un petit restau pour se revigorer, un tour au hammam pour se décrasser et un bon dodo pour récupérer ! (Enfin presque car Romane nous a réveillé plusieurs fois dans la nuit !)

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Dans les ruelles de la médina de Chefchaouen

Voila, la boucle marocaine est bientôt bouclée. Après Tétouan, nous descendrons retrouver la mer et le port de Tanger Med pour poursuivre notre périple sur d’autres terres.

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commentaires

Cathy 30/04/2012 12:18

Bonjour les Zamis!
Je reste toujours admirative devant les beaux défis que vous vous lancez... du bonheur à vous lire... Cela nous permet de prendre du recul et de relativiser les choses et de voir et comprendre ce
qu'il y a de vraiment essentiel...
Je pense fort à vous!
Des bises d'étudiante dijonnaise
Cathy

tandaimenature 10/05/2012 10:09



Merci Cathy!


Mes muscles se raccourcissent et je perds de la souplesse. Il faudra remédier à cela à mon retour avec  la danse!



narjisse 22/04/2012 23:45

salut le couple arnaud et maryan.tu me manque trop surtout les petite fille noémi et roman.vraiment jai vous aimé beaucoup.mes yeux commence pleuré quand je me rapelle les 24h quand n 'a passé
enssemble.jai senti comme vous etes ma famille et je vous connais plus temps.je souhaite que vous venir un jour chez pour passer meme si 3 mois jai aucun probleme ni moi ni ma famille.je souhaite
aussi de ne pas oublier norte propre amitier.passé le salut a tout la famille le pere la mere de toi et de arnaud.lexaman et aproche il me reste seulement 1mois et 11jours pour cela je me conect pa
pour laissé des commentraire et voir votre nnouveau

tandaimenature 28/04/2012 22:22



Bonjour narjisse!


On ne t'oubliera jamais et ta famille nonn plus. Vous faites partis de nos plus belles rencontres du Maroc. On se reverra! On te souhaite beaucoup de courage pour la préparation du bac. A bientôt



JP&M 19/04/2012 12:04

C'est toujours un plaisir de vous lire.

Le petit épisode des singes voleurs a su nous tenir en haleine (!) ;-).

Et nous nous demandons bien sûr, comme à chacune de nos expériences en voyage, quel point de frustration vous ressentez jusqu'ici par rapport aux difficultés de dialogue avec les personnes
rencontrées (langage).

Quelle proportion de personnes parlent francais ? Quelle autre langue utilisez-vous pour échanger ? Nous imaginons que les choses évoluent d'une région à l'autre, au fur et à mesure qu'elles sont
reculées.

La frustration de ne pas se faire comprendre et de ne pas comprendre une personne rencontrée qui s'avère désireuse d'échanger est toujours l'une des plus grandes frustrations de voyage. On arrive
bien sûr à baragouiner, mais les yeux montrent souvent bien plus de désir d'échange et de don (nous avons bien aimé la réponse faite aux élèves sur le fait ou non de 'payer' l'accueil fait chez
l'habitant et la partageons tout à fait) que le handicap de la langue ne peut que nourrir au fil des jours une profonde frustration.

Apperemment, cela n'a pas encore l'air de poser problème pour nouer des liens.

Continuez ainsi, nous avons plaisir de vous suivre à distance.


PS : et au fait, où en sont les progrès d'écriture arabe des petites ? ;-)

tandaimenature 19/04/2012 23:20



Tout est une question d'osmose, il y a des personnes qui se donne la peine de comprendre et d'échanger comme nous donc on fini par se comprendre. Evidemment beaucoup de questions restent en
supsens et certains dialogues restent basiques. Mais avec un peu de français, d'arabe, d'anglais, d'espagnol, d'allemand et d"iltalien, on fini par se faire comprendre un minimum, juste pour la
survie au moins!



corinne 19/04/2012 11:52

je me délecte de vos aventures qui m évadent de ce quotidien difficile ici ... PROFITEZ DE TOUT et gros gros bisous à vous 4 corinne

tandaimenature 19/04/2012 23:00



Merci beaucoup!



Agnès 17/04/2012 19:13

Salut les pédaleurs! Sommes impatients de lire la suite de vos aventures : où êtes-vous allés après Barcelone? Etes-vous toujours en Espagne? Comment réagissent les filles après 2 mois de
vadrouille? Est-ce que le temps est plus agréable que chez nous en ce moment...?
Nous avons pensé à vous le WE dernier en testant le vélo avec Anouchka dans la remorque ; elle a eu l'air de bien apprécier sa petite maison! A confirmer en juin pendant nos vacances en
Allemagne... Bises, roulez bien!

tandaimenature 19/04/2012 23:31



Le temps froid et humide semble être général, vivement que cela change!