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BIENVENUE

Nous sommes un couple, la trentaine passée, amoureux de nature et d'aventure. En 2005-2006, nous avons chevauché notre tandem pour effectuer en autonomie complète, durant une année, une traversée du continent américain, de l'Alaska à la Terre de Feu. Nous avons 2 enfants maintenant et continuons à explorer notre belle planète simplement. Retrouvez nos anciennes vadrouilles sur www.tandaimenature.unblog.fr

 

Nous avons créé ce nouveau blog pour continuer à partager avec vous en images nos futurs périples à pied, à vélo et en famille, en France ou à l'étranger. Vous trouverez également sur ce blog les informations concernant nos diaporamas et nos publications (livre et articlesainsi que le suivi de notre projet pour 2012 et le lien avec des élèves du primaire et du secondaire…

Bon voyage!

 

Myriam Walter et Arnaud Dulieu

 

Pour nous contacter : tandaimenature05(arobase)voila.fr



cd 12 143

28 avril 2012 6 28 /04 /avril /2012 17:11

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                                                                Le volcan Vésuve

 

Arnaud décroche une bonne dizaine d’oranges et de mandarines des arbres pour nous donner les vitamines et l’énergie suffisantes pour quitter le niveau de la mer et grimper de plus en plus haut vers le soleil dans l’espoir de s’en approcher !

Mais quelle ne fût pas notre surprise au col, après plusieurs heures d'effort, lorsque nous découvrons 750 m plus bas la mer et une vue inquiétante sur la grosse masse de nuages noirs qui en quelques minutes allaient entièrement nous phagocyter.

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Sans le savoir, nous roulons alors sur les parois escarpées d’un incroyable littoral où routes, maisons et citronniers sont accrochés à la paroi abrupte. Dans cette espace réduit par la verticalité de la falaise, les habitants ont pour moyens de locomotion des minis voitures toutes éraflées et cabossées ou des scooters. Les parkings sont suspendus dans le vide. De quoi nous donner le vertige.Italie-sud 3089                                         Figuier et village accrochés à la paroi de la côte amalfitéenne

Italie-sud 3092                                                                  Citronniers en  terrasse

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                                                                  A Amalfi, entre deux averses!

 

Nous n’avons trouvé aucune carte de la région et celle que nous possédons présente une échelle beaucoup trop grande pour repérer convenablement notre futur parcours. C’est ainsi que nous nous sommes embarqués sur des routes traversant une succession de chaînes de montagnes. Les sommets enneigés et les pancartes indiquant des stations de ski nous laissent augurer de l’altitude élevée des montagnes avoisinantes. Nous avançons lentement dans une région certes intéressante mais bien trop difficile pour de pauvres petits escargots qui transportent leur maison !

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                                              Recherche d'un emplacement pour passer la nuit

 

Ayant oubliés que nous sommes dimanche, bien évidement, aucun marchands n’a ouvert ses portes aujourd'hui. Les crocs au ventre nous sommes alors heureux de trouver dans le village un bar qui nous fera griller des panini.

 Il n’y a plus de circulation sur cette petite route. Loin de nous inquiéter de la situation, nous descendons allègrement la pente après avoir passé 3 heures à grimper. Soudain, une pancarte en travers du chemin signale que toute circulation est interdite. Au dernier croisement, il y a plusieurs kilomètres de cela, nous n’avions vu aucune indication. Nous continuons à descendre car il nous est moralement impensable de remonter. D’un coup, de gros blocs de pierres barrent la route. Crispés, nous jugeons vite de la situation : « Ca passe ! ». Un espace aussi large que la remorque sera tout juste suffisant pour nous laisser l’opportunité de dévaler jusque dans la vallée et de bivouaquer parmi les oliviers.

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                                                        Village perché du sud italien

En traversant la ville de Potenza à midi, je vois sur une pancarte qu’il y a un grand parc de jeux à droite. Nous dévions pour offrir un bon moment aux filles. Manque de chance, le complexe est fermé jusqu’à 17 h. Avant de remonter sur selle, le directeur nous interpelle et nous offre la possibilité d’y entrer et de laisser nos enfants jouer. Un grande structure de jeux à elles toutes seules : elles sont ravies! Tout cela, bien sûr, grâce aux vélos ! En voiture, cela ne se serait jamais produit.

Le soleil revenu, les italiens semblent plus détendus. Les coups de klaxons sont accompagnés d’une salutation alors qu’au préalable ils signifiaient plutôt : « Pousse-toi, j’arrive ! ». Notre chargement les intrigue. Un vieux monsieur nous questionne : « Mais où est votre maison ? » ; « c’est notre tente ! » répondons-nous ; « mais il n’y a pas de camping ici  et après c’est que de la campagne, il n’y a rien ! » ; « tant mieux, c’est ce que nous voulons pour planter notre tente ! ». Le vieil homme secoue la tête et tourne les talons en haussant les épaules. Pense-t-il alors que nous sommes fous ou bien que nous nous moquons de lui ? Toujours est-il que nous aurons plusieurs fois posé pied dans de beaux endroits pour bivouaquer. Chacun vaquent alors à ses occupations. Noémie grimpe aux arbres. Romane joue avec des cailloux et du sable. Arnaud, monte la tente. Je déballe les affaires de la remorque.

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                                               Menu du soir : pâtes, sauce tomates et parmesan

La nature qui nous avait laissé aucun répit ses derniers jours veut se faire pardonner et nous offre enfin de douces soirées printanières. Regarder une dernière fois les étoiles scintiller avant de se blottir dans son sac de couchage et attendre que les oiseaux entament leurs chants matinaux en harmonie avec les premières lueurs pour se réveiller délicatement. Voici ce que nous appelons le bonheur simple.

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Ravis d’avoir ingéré un stock de sucres lents tous les soirs en testant tortellini, fusili et autres pâtes italiennes, nous ne serons pas mécontents de goûter à de nouvelles habitudes alimentaires en changeant de pays.

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                                                                    Tétines de Mozzarella

 

Nous quittons le port de Bari pour rejoindre Patras.

« Arriverderchi Italia ! » et « Kalimera » la Grèce

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19 avril 2012 4 19 /04 /avril /2012 11:04

« On va où ? »

Nous décidons de longer la côte jusqu’à ce que s’annonce un hébergement peu onéreux. Loin de nous douter que nous allons véritablement vivre un parcours du combattant, nous sortons du port crispés par le froid, le vent et la pluie. Les klaxons, les moteurs des véhicules, le bruit de la tempête ne suffisent pas à nous énerver, il faudra encore que s’ajoutent une chaussée recouverte de pavés glissants et complètement défoncée par endroit, des flaques d’eau énormes à éviter, des voitures qui s’arrêtent, déboitent, nous frôlent, nous éclaboussent, d’autres sont garées en double file ou perpendiculairement à la route, les rails du tramways  qui tentent de nous faire tomber, une rue inondée, un molosse qui se jette sur moi. .. Nous sursautons sur ces pavés dans un vacarme incessant, nous jouons avec nos manettes prêts à pousser, tirer, freiner, tourner,  le regard captant toutes les informations à quasi  300°. Je me crois dans un jeu vidéo où je dois avancer en évitant les obstacles tout en trouvant la bonne direction, sauf qu’ici, on n’aura pas de deuxième chance.

 

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Nous arriverons finalement à Pompéi, soulagés d’avoir gagnés les combats tels des gladiateurs. Dans le camping inondé, nous posons nos chars. La grille s’ouvre, les fauves sont lâchés. Ils sauteront inlassablement sur les lits du petit bungalow qui nous protègera de l’humidité ambiante.

Italie-sud 3006                                                   Dans les ruelles de Pompéi

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19 avril 2012 4 19 /04 /avril /2012 10:49

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Porto Torres est la ville où nous débarquons au nord de la Sardaigne. Notre compteur affiche alors 1616 km. Uniquement équipés d’une carte où 1cm représente 8km, nous imaginons notre trajet vers le Sud en empruntant les petites routes colorées en blanc ou jaune. Elles se dessinent, tels des intestins, de façon si tortueuses qu’elles laissent présager un relief chaotique. En effet, nous sommes servis. Tels des yoyos, nous montons et descendons, enchainant les virages sur le flanc escarpé du littoral.

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 A notre gauche, la pente est recouverte de broussailles et de fleurs jaunes. A notre droite, s’étale à l’infini, l’horizon bleuté et scintillant de la mer. Cela nous éveille des souvenirs de la Corse et du parcours que nous avions effectué il y a tout juste 5 ans, tout autour de l’île. A l’époque, nous pédalions avec notre ancien compagnon de voyage : le tandem. Nous étions également accompagnés d’un tout nouveau compagnon, bien loti dans le cocon maternel et qui allait naître 6 mois plus tard : Noémie.

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Ce soir, nous trouvons le campement idéal pour ne pas dire idyllique. La mer, le flux et reflux des vagues, le reflet d’un soleil couchant et des petites filles qui rient aux éclats : un pur bonheur qui s’offre à nous après une dure journée de pédalage.

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Nous trouvons ici de nouvelles habitudes alimentaires et testons les spécialités locales. Ainsi, pain Guttiau, nougat et pâtes s’affichent à nos menus quotidiens. Notre réchaud à essence fonctionne matin et soir et même ainsi, nos économies diminuent bien plus vite qu’au Maroc.

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La pluie s’abat sur notre tente toute la nuit et au petit matin, une petite accalmie laisse le temps aux filles de s’amuser sur les jeux dégoulinants du camping. Nous décidons de prendre la route mais, à peine partis, la pluie tombe à nouveau et ne cessera plus de la journée. Nous continuons à pédaler dans la grisaille ambiante. Seuls quelques coquelicots s’efforcent d’égayer le paysage. Nous arrivons à Oristano. Entre le vacarme des gouttes de pluie sur la capuche et le bruit des voitures, je crie de toutes mes forces : « Arnaud ! A gauche, centre commercial ! ». Il bifurque et en moins de deux, nous voici au sec pour le casse-croute de midi. Les filles ne se sont rendues compte de rien. Elles se réveillent doucement de leur petit abri, Noémie s’exclame : « Oh, vous êtes tout mouillés ! »

Malgré la pluie incessante, nos vêtements encore humides, nous repartons. Ce soir-là, nous nous réfugierons dans un petit hôtel pour faire sécher nos guenilles et dormir au sec.

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Le ciel reste menaçant le jour suivant et nous ne pouvons nous permettre une nuit d’hôtel tous les soirs. Nous décidons de tenter de dormir à la ferme, nommé ici « agriturismo ». Nous plantons la tente dans le jardin d’un apiculteur et cuisinons au réchaud une polenta qui comblera bien les besoins de cyclistes affamés. A peine avalé, nous nous empressons de tout ranger pour rejoindre notre tente car il pleut à nouveau et ce, jusqu’au lendemain midi. L’attente d’une éclaircie sera l’occasion pour Romane de dessiner et pour Noémie de faire quelques exercices dans son cahier de vacances !

Nous visons désormais Cagliari et ses plages en espérant y trouver des campings. Lorsque nous questionnons les sardes en y mêlant de l’espagnol, de l’anglais, du français et quelques mots d’italien, ils ne semblent guère préoccupés par notre souci et nous répondent qu’ils ne savent pas ou même qu’ils ne comprennent pas notre demande ! Très surprenant, le mot camping n’est pas forcément compris par nos interlocuteurs. Autre surprise lorsque nous sommes arrivés aux abords de la ville et que nous cherchions à y pénétrer par de petites routes, toutes les personnes nous ont dirigées vers des 4 voies. Nous abandonnons la possibilité d’être aidés pour ne faire confiance qu’à notre bon sens. Sur la carte, il ne reste plus que 3 km avant la ville et nous sommes fiers d’avoir réussi à traverser les faubourgs  en évitant les voies rapides et en s’engageant dans les ruelles à sens unique sans tourner en rond ! Mais, déception, alors que nous terminions de monter la côte, nous découvrons que la suite de la route nous mène tout droit sur une 4 voies. Nous refusons de nous y engager. Il n’y a pas de bas-côtés, le trafic est intense et les véhicules sont lancés à plus de 100km/h, ce serait bien trop dangereux pour nous et nos filles. Nous faisons alors demi-tour et un détour de 35 km pour finalement arriver sur la côte de Cagliari où le « campeggio »  est fermé. Que faire ? Impossible camper en sauvage et il n’y a pas l’ombre d’un hébergement à l’horizon, aucune indication et personne qui sache nous informer. A 19h30, nous trouvons un Bed&Breakfast, fermé aussi. A 19h45 un hôtel, enfin ! La nuit est tombée, nous cuisinons des pâtes dans la chambre pendant que les filles regardent un dessin animé en italien. Nous soufflons enfin, pas prêts d’oublier ce vendredi 13 !

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Le lendemain, nous nous dirigeons vers une agence portuaire et apprenons que les bateaux qui vont en Sicile ne partent que dans 5 jours. Nous avions envisagé la suite du parcours sur l’île italienne voisine et étions motivés pour la découvrir. Mais, le temps maussade et froid ne nous engage guère à rester encore plusieurs jours en Sardaigne. Arnaud questionne la réceptionniste :

- Demain, il y a des bateaux qui partent de Cagliari ? »

- Oui bien sûr !

- Et ils vont où ?

- Il y en a un qui va à Rome

- Et aujourd’hui ?

- Mais, vous voulez allez où ?

- On ne sait pas !

- ?????

-Il y a un bateau qui part ce soir ?

- Oui, il y a un départ pour Naples, mais l’embarquement se fait dans une demi-heure

Après quelques dizaines de minutes de concertation familiale, nous prenons le billet, sautons sur nos vélos et rentrons dans le ventre du Toscana, le ferry qui nous conduira à Naples durant la nuit. Ce n’était pas prévu, rien n’est d’ailleurs prévu à l’avance dans un tel voyage. Il est vrai qu’avec les technologies actuelles, nous aurions pu savoir beaucoup de choses à l’avance. Cela pourrait même aller jusqu’à voir par satellite le relief et la couleur du ciel du lendemain, mais à quoi bon savoir à l’avance que le ciel va nous tomber sur la tête et que la route sera mauvaise ?

Nous n’aurions d’ailleurs jamais fait ce choix si nous avions su que le déluge s’abattait sur toute la région de Naples et que nous allions sortir du ventre du bateau arrosés en quelques secondes par la tempête !

 

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19 avril 2012 4 19 /04 /avril /2012 10:11

Nous laissons derrière nous le chant du muezzin pour retrouver le son des cloches qui reviennent pour Pâques dans la cité catalane.

Equipés de nos lampes frontales et chasubles fluos, nous débarquons de nuit avec pour mission de trouver l’adresse de notre hôte, contacté grâce à Warmshowerlist, un réseau d’accueil entre cyclo-voyageurs. La grande avenue que nous empruntons est bordée d’une piste cyclable comportant des feux rouges. Quel changement après les villes marocaines !

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Adrien nous accueille chaleureusement avec un verre de bière dont nous savourons la première gorgée avec grand plaisir. Le thé à la menthe c’est bon, mais la bière aussi ! Nous aurions déjà pu nous croiser en 2006 lorsque nous traversions les Amériques du Nord au Sud et lui les USA d’Est en Ouest.

Les petites harassées par tant de bouleversements s’endorment dans la pièce où s’entassent remorques et vélos.

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Le lendemain, nous les chouchouterons avec une journée spéciale enfants : manège, aquarium, glace et autres surprises que la ville nous permet de leur offrir.

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Dans l’appartement d’Adrien, nous nous y sentons comme à la maison. D’ailleurs, nous  y resterons 5 jours, le temps de remettre en pratique notre espagnol, de découvrir les atouts et charmes de la ville et de se reposer un peu. Enfin, avec les enfants 24h/24 avec nous, cela n’est jamais de tout repos ! Prendre le métro, traverser les avenues, changer la couche dans le parc public, trouver un endroit pour que Noémie fasse pipi, laver le pull où s’est déversé le chocolat chaud , ramasser la terre du pot de fleurs renversé dans l’appartement, trouver de quoi manger, les laver, etc.

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Nous embarquons à nouveau sur un bateau, les bicyclettes encore recouvertes de boues marocaines, direction l’Est.

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19 avril 2012 4 19 /04 /avril /2012 09:57

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                                                         A l'intérieur de  la pension à Tetouan

 

Sur la carte, il ne reste pourtant plus que quelques kilomètres avant la mer et la route qui est représentée par une ligne jaune quasi rectiligne semble si facile. Mais, le Rif ne nous laissera aucun répit jusqu’à la côte. Les habitants sont de tout cœur avec nous. Certains iront même jusqu’à nous proposer un peu de kif en pleine ascension, histoire d’asphyxier définitivement nos poumons !

On jette un dernier regard sur le drapeau marocain qui flotte dans le ciel gris du port de Tanger Med et puis, le bateau prend le large.

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30 mars 2012 5 30 /03 /mars /2012 18:07

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Romane s’est endormie bercée par le mouvement balancier du dromadaire. Je la coince avec une jambe, une main accrochée à la selle, l’autre lui servant de repose-tête. Le lendemain, j’ai des courbatures et des douleurs au genou. Le vélo est finalement moins éprouvant ! Nous quittons les dunes et remontons sur nos engins en suivant la courbe et les méandres formés par l’oued Ziz. Nous nous arrêtons sous les palmiers dattiers, les oiseaux nous offrent un concert printanier et les amandiers fleurissants, un clin d’œil de blanc dans ce tableau bicolore que forme le ruban de palmiers verts dans le creux des montagnes ocres.

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Nous empruntons la nationale, seule route existante, pour remonter vers le Nord du pays. Le trafic s’intensifie, le vent et les montées aussi, nous roulons têtes baissées, le paysage caillouteux et désertique lasse nos esprits. Nous cherchons un endroit attrayant pour les petites. Cela devient difficile. Mon genou couine, grince, coince. Je n’appuie plus que d’une jambe sur la pédale. On arrive à Er-Rachidia, la ville, les klaxons, les piétons, la pollution, tout est fait pour augmenter notre tension. On cherche une solution. Continuer dans ce désert cela devient trop long, il nous faut changer de région. Nous prenons un bus, nos bicyclettes et charrettes dans la soute. Nos pépettes bien heureuses de partager un petit bout de chemin avec une cinquantaine de marocains, sont toutes existées de cette nouvelle expérience.

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Rachid nous accueille à Azrou. A 27 ans, il vit de petits boulots, de thé et d’amitié. Il a espoir d’améliorer sa situation et celle de sa famille, Inch Allah comme il dit. En attendant, il partage son temps avec ses amis au café le regard qui s’évade entre les tuiles vertes des toits de la ville et l’horizon vallonné des montagnes du Moyen-Atlas.

Après l’avoir quitté, nous visitons une forêt de cèdres, endroit idéal pour pique-niquer. Nous sortons nos gamelles et victuailles quand soudain, à peine le dos tourné, un voleur s’empare de notre pain. Noémie voulait tellement manger un sandwich de Vache qui rit et pleurniche : « Mais maman, fait quelque chose ! ». « Je ne peux rien faire ; tant pis, on se contentera de tomates, de pommes et d’oranges » lui répondis-je. Soudain tout un groupe d’individus nous encercle, prêts à saisir l’occasion pour s’emparer de notre butin. Noémie s’équipe d’un bâton, Romane prend peur, nous sommes tous aux aguets. Mais, le chef, bien plus costaud et impressionnant que les autres a eu raison de nous. Il nous dérobe un fruit et le dévore sous nos yeux ! Nous restons penauds au pied des arbres sous le regard moqueur des…singes.

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La population a changé par rapport au sud du pays. Les gens semblent plus ouverts, plus spontanés. Le sourire des femmes est rassurant nous rappelant qu’elles existent car elles se faisaient tellement oublier dans le désert, déambulant telles des ombres dans les rues, sapées entièrement de noir et ne laissant à découvert que leurs yeux, parfois même qu’un seul œil ou aucun. Dans le Nord en ville, certaines femmes prennent le volant, d’autres, cheveux lâchés, sont véhiculées à l’arrière d’une mobylette.  

Les fillettes dorment dans la remorque. Nous stoppons brièvement sur le bas côté pour admirer une vue panoramique sur la région. Un monsieur s’approche d’Arnaud interloqué par notre équipage. D’une voix forte, il le questionne sur notre voyage et en s’approchant de la remorque appelle les filles. Elles sursautent. Nous n’avons pas le temps de lui en vouloir de les avoir réveillées que déjà ils s’exclament : « Vous allez à Fès, n’est-ce pas ? Soyez les bienvenus à la maison. Tenez, mon numéro de téléphone et celui de ma femme. Appelez dès que vous arriverez dans la ville.» Puis, il remonte dans sa voiture, continuant son chemin.

Nous passerons 3 nuits chez lui et sa femme. Nos échanges furent riches, nous ne détaillerons pas tout ici.

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Artisan fabriquant les mosaïques en céramique à Fès

Heureux de retrouver le silence et la nature après le brouhaha et les murs de la ville, nous grimpons fortement entre les oliviers pour quitter Fès.

Maroc 2606Par ici, les ânes et les cheveux servent à parcourir les chemins montagneux. Les charrettes et les vélos ont disparu. Le ciel est gris, les premières gouttes de pluie tombent. Nous nous abritons près d’une maison. C’est là que nous passerons la nuit, accueilli par Aziza. Avec nos quelques mots d’arabes et ses quelques mots de français, nous communiquons, rions, partageons un excellent moment convivial. Assise sur sa peau de mouton dans sa maison en terre, Aziza coiffe les longs cheveux de ses filles joliment teintés à l’henné et les enduit ensuite d’huile. Nos filles y ont droit aussi ! Elles s’endorment ensuite dans la pièce bercées par de la musique marocaine. Au matin, alors que nous sommes en train d’empaqueter nos affaires, Aziza nous offre une bouteille d’huile d’olive fait maison. Elle nous mime sa demande. Je comprends que si nous revenons au Maroc, nous sommes invités à dormir à nouveau chez elle.

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Aziza et Amina devant leur maison nous saluant pour notre départ

Le lendemain, nous saluons au bord de la route quatre jeunes filles à vélo. Elles nous réclament une pompe. Arnaud s’arrête. Elles nous remercient. Narjisse, 17 ans nous propose de venir dormir chez elle. Nous sommes abasourdis par une telle initiative. Ses lycéennes nous invitent ensuite à prendre un goûter dans un snack. On se régale de milk-shake à la fraise, yaourt et harcha (galette de semoule). Elles refusent que l’on paye. Après plusieurs appels sur leur téléphone portable, Narjisse nous explique : « Ok, vous venez avec moi, mais comme mes parents ne sont pas là ce soir, vous dormirez chez ma grand-mère, ça vous va ? ». Plus tard, nous rencontrons ses parents, discutons de la France, du Maroc, de la crise, de la sécheresse, des études, du problème des déchets, du développement du pays, de la corruption…Ils nous invitent ensuite à déjeuner chez eux le lendemain. Nos filles sont chouchoutées par les leurs. A table, Noémie demande : « Je peux prendre les doigts ? », « Mais oui, tu dois prendre tes doigts ! » répond Aïcha, la maman. Et nos mains s’entremêlent par-dessus les plats. Elle nous propose de rester encore, même plusieurs jours. Nous avons déjà l’impression d’être en famille avec eux. Nous nous enlaçons, j’ai les larmes aux yeux. Nos deux petites souillons rentrent dans leur carrosse transformées en Cendrillon, parées de colliers, rubans, coiffées de barrettes, elles se regardent dans le miroir rose offert par les deux adolescentes. Narjisse nous accompagne en vélo jusqu’à la sortie de la ville. Elle souhaite avoir son bac avec mention pour pouvoir faire médecine. En tout cas, je donnerai la mention très bien à la valeur humaine de cette jeune fille. Je laisse ensuite mes pensées m’envahir : si les rôles étaient inversés, y aurait-il en France, des lycéens capables d’inviter ainsi des étrangers de couleurs rencontrés au bord de la route? Et si oui, y aurait-il des parents suffisamment ouverts pour accepter cela et ne pas traiter leur enfant de fou ? En tout cas, si tous les jeunes d’aujourd’hui étaient des Narjisse, il n’y aurait pas d’inquiétude à avoir sur l’avenir et la paix dans le monde !

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  Aïcha, Noémie, Mina et Romane

Nous ne pouvons pas tout écrire sur ce blog, il y a encore mille et une chose que nous aimerions raconter comme la rencontre avec Nordine.

Maroc 2698 Cet homme à commencé à réprimander Arnaud parce qu’il emmenait sa femme et ses enfants sur des routes dégradées où il n’y a plus rien pendant une cinquantaine de kilomètres, seulement quelques paysans. Et, la tournure inédite que cette rencontre a générée.

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La route est effectivement défoncée, trouée, caillouteuse. Nous avons davantage mal aux bras qu’aux jambes tellement il faut empoigner fortement le guidon. Le terrain montagneux du Rif ne nous laisse aucun répit. Nous gravissons une succession de cols sans même éprouver le soulagement des descentes qui s’avèrent scabreuses. Les amortisseurs de la remorque sont efficaces mais les filles ne dorment pas, elles jouent et rigolent bien à l’intérieur de leur cocon.

Le lendemain, c’est un vent déchainé que nous devons affronter. Malgré une route goudronnée, nous roulons à vitesse minimale. Il est parfois si violent qu’il nous projette sur le côté ou nous arrête dans notre élan. Il n’a d’agréable que les senteurs qu’il transporte. Tour à tour nous humectons la forte odeur de l’huile d’olive, le doux parfum des fleurs d’orangers. Malgré tous nos efforts, nous n’arriverons pas jusqu’à la ville. Nous lâchons les armes en haut d’une côte et plantons notre tente, après l’accord du propriétaire, dans l’enceinte d’une petite maison de campagne.

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Il nous manquait un troisième jour pour compléter le palmarès des jours les plus difficiles ! Au réveil, nous comprenons à la couleur du ciel que le vent sera remplacé par la pluie. C’est ainsi que nous enchaînons encore des cols sous les averses et craignons pour les descentes de glisser sur la chaussée. Nos deux anges dorment profondément bien à l’abri et ne s’aperçoivent même pas qu’il pleut ! Les paupières s’ouvrent, la pluie cesse, Noémie s’exclame : « Oh, la route est vraiment penchée ! Faut faire attention maman de ne pas reculer ! » Elle est effectivement parfois si pentue que même les camionnettes chargées de marchandises pour le souk ont du mal à monter, nous projetant en pleine figure une bonne bouffée de gaz noirâtre. Les dattes et figues séchées sont digérées, Chefchaouen se dévoile, accolée à la montagne. Nous sommes soulagés. Un petit restau pour se revigorer, un tour au hammam pour se décrasser et un bon dodo pour récupérer ! (Enfin presque car Romane nous a réveillé plusieurs fois dans la nuit !)

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Dans les ruelles de la médina de Chefchaouen

Voila, la boucle marocaine est bientôt bouclée. Après Tétouan, nous descendrons retrouver la mer et le port de Tanger Med pour poursuivre notre périple sur d’autres terres.

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17 mars 2012 6 17 /03 /mars /2012 22:57

Question des élèves de 2PRO E de Lure :

-Est-ce que vous dédommagez les personnes qui vous accueillent?

 

Je vais répondre à votre question : Vous n'imaginez pas que la personne que vous invitez chez vous vous paye, n'est-ce pas? Ce serait vexant. Par contre, lorsqu'on passe une soirée avec des gens, c'est pour partager, échanger, rire, discuter, apprendre...Ce n'est pas pour recevoir ou donner des choses matérielles. Les gens qui nous ouvrent leur porte le font de leur propre volonté et souvent ils nous disent merci lorsque nous partons car peut-être jamais dans leur vie ils n'ont eu l'occasion de discuter avec un étranger et c'est souvent un honneur pour eux! Nous prenons des photos des instants partagés et nous les imprimons et les envoyons par la suite chez eux. C'est quelque chose qu'ils apprécient beaucoup. Nous montrons aussi des photos de la France, de notre région, notre famille et en général, ils sont très curieux de voir tout cela. Voila, vous avez un peu compris pourquoi nous ne donnons pas d'argent. Bien sûr si dans nos sacoches il reste quelques cacahuètes ou dattes nous les partageons avec les enfants de la famille en patientant l'arrivée du tajine! A bientôt alors! 

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14 mars 2012 3 14 /03 /mars /2012 22:45

 

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                                                                                         A 2740 m d'altitude

 

A plus de 2000 m d’altitude, vêtus de toutes les couches de vêtements que nous possédons, nous avons très vite froid dès que le soleil se couche. Il nous faut encore passer un col à plus de 2700 m avant de plonger versant sud de l’Atlas où un climat différent nous attend.

La journée était mal partie pour moi car enquiquinée par une angine attrapée à Imilchil en me couchant les cheveux mouillés (eh oui, il n’y a pas de sèche cheveux dans notre remorque !), des petits ennuis intestinaux au réveil et les inconvénients des mauvais jours des femmes, je grimpe difficilement sur ma bicyclette. Mais, très vite je me laisse envahir par la beauté des lieux. Nous sillonnons dans un silence absolu cette route qui passe entre des montagnes de plus en plus arides. Par chance, Eole (ou Allah !) est avec nous ce jour –là et je me sens bercée par le cliquetis de la chaîne qui tourne et le sifflement du vent. D’un coup, je sursaute au son de la voix de l’homme qui m’interpelle sur le bas-côté : « Salaam alaikoum ! La besse ? »me lance-t-il. C’est la seule personne que nous croiserons de la matinée. Il est berger et son troupeau formé d’une centaine de chèvres et de moutons crapahute sur le flanc caillouteux de la montagne. Le col est là, le paysage est majestueux et nous sommes presque tristes de devoir descendre. DSC00297.JPG

 

Nous passons ensuite par de petits villages où les habitations sont fabriquées en pisé (boue et paille). A chaque arrêt, un attroupement d’enfants se forme autour de la remorque. Et lorsque nos filles sortent de leur maisonnette, des cris et des rires viennent rompre le calme ambiant.

 

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                                         A Agoudal, une vingtaine d'enfants s'attroupent autour des filles

 

Nous serpentons à travers les Gorges rougeâtre du Todgha, le premier palmier apparaît. Les filles rencontrent leur premier dromadaire. Nous remplaçons les bonnets par les casquettes et les hommes du pays les capuches des djellabas par les chèches.

 

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                                                                    Noémie dans les ruelles d'un Ksar (village fortifié)

 

Nous traversons des palmeraies de cette région présaharienne où le sol sec ne laisse aucune verdure apparaître sous les dattiers. Les habitants se plaignent de la sècheresse. Il n’y a pas eu de pluie depuis des mois. Nous sommes les seuls dans le pays à ne pas l’attendre avec impatience !

Les filles jouent avec les cailloux et la poussière du bord de route. Ce soir, Hin, une fillette de 4 ans sera leur copine de jeu. Toutes les trois s’amuseront des dizaines de fois à remplir de sable une petite tasse en plastique et à nous l’apporter en disant « thé ! ». Plus tard, Noémie s’évertuera à expliquer le jeu de la bataille à Hin : « Alors tu comprends quand ton chien est plus grand que le mien t’as gagné, s’il est plus petit t’as perdu ! » et la petite fille en répondant quelques mots en bèrbère se retourne vers Romane qui étale toutes les cartes parterre et s’amuse alors à faire de même. Les paupières s’alourdissent. Le grand-père de Hin a abaissé la cloison de la tente berbère. Tout le monde se couche sur le sol bosselé enfuit dans les sacs de couchage ou sous les couvertures.

 

Maroc 2353

                                                                                     Au souk de Rissani

 Ce matin, je prends la tête du convoi car le très fort vent de face ralenti considérablement notre avancée et comme la remorque d'Arnaud est peu aérodynamique, il se colle derrière moi pour se protéger un peu du vent et garder le rythme. Les filles se chamaillent, commencent à crier, à pleurer, on s'énerve. Romane ne veut pas rendre la casquette à Noémie! On leur explique qu'on va bientôt s'arrêter mais que là il n'y a rien alors on attend d'avoir un arbre ou quelque chose de sympa pour la pause. D'un coup, le coup de barre, je laisse Arnaud passer devant, je suis en hypoglycémie, mes jambes n'arrivent plus à tenir le rythme. Je fouille dans ma sacoche pour y trouver des amandes, mais pas de chance, j'ai oublié que les filles avaient tout mangé la veille! Je n'ose pas demander à Arnaud de s'arrêter car maintenant les filles dorment! Finalement au prochain village, lorsqu'on achètera de l'eau pour remplir nos gourdes vides, le commerçant nous offrira un kilo de dattes!

 

 

Nous sommes maintenant à Rissani où nous passons quelques jours pour profiter du désert et des dunes de sables avant de remonter vers le Nord.

 

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                                                                                                    Un ksar

 

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                                                                  A dos de dromadaire dans l'Erg Chebi

 

 

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7 mars 2012 3 07 /03 /mars /2012 15:44

DSC00204En France, lorsque nous regardions la carte du Maroc, j’avais lancé à Arnaud en pointant du doigt une zone du Haut-Atlas : « Ca doit être beau et sauvage par là ! »et à lui de me répondre : « Ben ça tu peux oublier, on n’ira jamais dans ce coin, c’est beaucoup trop dur, il y a des cols à plus de 2000 mètres et imagine, le Haut-Atlas c’est un peu comme les Alpes sauf qu’il n’y a pas beaucoup de villages pour se ravitailler ! »
Qu’est ce qui fait que nous y sommes aujourd’hui ? Est-ce l’envie de voir plus loin, d’être plus haut, de rencontrer encore plus ceux qui ne croisent jamais d’étrangers ? Est-ce le simple fait que le vélo nous donne cette incroyable sensation de liberté de pouvoir aller partout peu importe le temps que cela prendra ?


 Toujours est-il que nous voici dans les montagnes, nous avons quitté la plaine à Kasba Tadla pour grimper ensuite un premier col durant 12 km, ce qui nous aura valu 2 heures d’effort continu. Mais lorsque nous découvrons toute l’enfilade de montagnes enneigées à l’horizon, la récompense est là, c’est majestueux !
Nous enchainons ensuite les nuits chez l’habitant. Il gèle et dormir sous la tente serait trop risqué par ses températures.

DSC00213


Un de ces soirs, vers 16 heures, alors que nous sommes déjà bien fatigués des multiples montées de la journée, nous décidons de ne pas poursuivre notre chemin car la route ne cesse de monter et le soleil va vite se coucher derrière les montagnes. Nous devons trouver où dormir. Nous faisons demi-tour pour retrouver les dernières maisons et demander  à un  habitant un endroit pour planter notre tente. Le dialogue se complique depuis que nous sommes dans les montagnes car le peuple berbère  possède son propre langage. L’homme nous invite tout de suite à boire le thé. Les filles jouent à courir après les poules et les chats et puis, c’est la brebis, mécontente du dérangement occasionné près de ses petits, qui se met à courir après les filles !
Finalement, le chef de famille, Abdelkader,  va couper du bois et allume le poêle dans une pièce vide. Les murs sont faits en torchis et le sol en terre battue. Sa fille d’une vingtaine d’année, Saadi, s’active pour y déposer une grande natte et quelques peaux de moutons et nous fait signe de nous assoir. Elle commence à peler les pommes de terre. Je lui propose de l’aider. Mais lorsque je sors l’éplucheur de nos bagages et lui démontre son efficacité, elle est toute hébétée et me tend son couteau en échange. Arnaud amuse ses petits frères en montrant des photos d’eux sur l’écran de notre appareil numérique et puis ces garçons découvrent les 2, 3 livres que Noémie leur prête. Ils tournent les pages à l’envers et certains  tiennent même le livre la tête en bas. C’est pour eux la première fois. Les 2 plus grands doivent avoir 7 ou 8 ans. Ils passent leur journée à garder les moutons et les faire paître. Le matin, ce sont les premiers à avoir quitté la maison.

Maroc 1808J’apprends à Saadi,  qui veut  recopier du français, qu’on écrit de gauche à droite et non de droite à gauche. On explique à Noémie que ces enfants ne peuvent pas aller à l’école car elle est trop loin.
Le tajine cuit lentement sur les braises, il est 22 heures lorsque nous mangeons encore vêtus de nos cuissards. Ils nous donnent quelques couvertures pour dormir sur les peaux de mouton. Nous n’aurons pas à planter la tente. Eux dorment tout habillés. Nous faisons de même. Au réveil, les enfants ont les mêmes fripes sur eux. Alors que nous voyageons pour 7 mois avec l’équivalent d’un sachet en plastique d’habits par personne, nous avons l’impression d’en avoir déjà dix fois plus qu’eux. Leur seul surplus semble être les couvertures que d’ailleurs, la mère aveugle me tend en faisant rouler ses trois doigts pour m’indiquer que je pourrais lui en acheter une. C’est vrai qu’elles sont belles ces couvertures berbères en laine de mouton, mais je lui explique que nous n’avons pas de place dans nos remorques et tout le monde rigole ! Nous quittons cette famille et le sourire de Saadi en leur disant « Choukhran bezef » (merci beaucoup).L’échange  immatériel peut être plus fort. Au loin encore, la famille nous fait de grands signes et nous repartons encore une fois émus.


Maroc 1815 Là où nous sommes passés, les enfants qui accourent au bord des routes nous saluent simplement avec un grand sourire. Dans certains endroits touristiques, ils réclament un stylo ou de l’argent et préfèrent attendre le touriste qui donnera plutôt que d’aller à l’école. Les responsables touristiques agissent désormais pour éradiquer ce fléau.


DSC00246Lentement mais sûrement nous franchissons le col à plus de 2400 mètres d’altitude. La pente étant parfois trop raide pour pouvoir continuer à appuyer sur les pédales. Noémie est alors fière de marcher à nos côtés et même de pousser la remorque. Romane s’impatiente et commence à pleurnicher. Il est déjà 13 heures, elle a faim. Nous la faisons patienter avec une pomme avant de trouver un endroit plat pour s’arrêter. Le paysage est de toute beauté. Très vite les filles oublient les tensions dues à la faim et la fatigue et se mettent à jouer avec la neige et les cailloux. Elles ont le visage et les mains couleurs locales, la peau tannée et asséchée par le soleil et recouverte de crasse. Une boîte de sardines et un reste de pain sec les satisferont  jusqu’au prochain tajine !


Maroc 1917Nous sommes maintenant à Imilchil,  un paisible village à 2200 mètres balayé par le vent froid. Les habitants vaquent à leurs occupations dans une ambiance calme et sereine. Nous savourons le tajine près du poêle entourés d’hommes en djellaba.  Nous y resterons deux jours le temps de laver du linge, se reposer un peu et de profiter de cet environnement  en faisant de petites balades à pied ou sur le dos d'un âne.

Maroc 2033

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1 mars 2012 4 01 /03 /mars /2012 11:28

Il y a déjà tellement de choses à raconter en 8 jours qu’il est difficile de faire un résumé. Je vais simplement me centrer sur une journée pour vous donner une idée de ce que l’on vit.

On avait décidé de quitter Rabat et la côte atlantique pour aller vers les montagnes. Dès la sortie de la ville, une voiture s’arrête sur le bas côté et l’homme nous fait signe de stopper. Il veut nous inviter pour manger le couscous à midi. Nous refusons étant donné que nous venons tout juste de commencer à pédaler. Cet ancien cycliste marocain nous donne des conseils diététiques et d’hydratation et nous souhaite ensuite bonne route en nous donnant le numéro de téléphone de son fils qui pourra nous venir en aide dans le sud du pays en cas de besoin.Maroc 1499

On grimpe ensuite un long moment et déjà nous avons très chaud, même vêtus d’un simple tee-shirt ! A midi on fait des pauses dans les champs de fleurs ce qui occupe très bien les petites et les bouquets qu’elles récoltent décorent joliment mon guidon. Quelques tomates et oranges, des boîtes d e sardines, deux, trois dattes et c’est reparti pour l’après-midi.

Les filles piquent vite du nez et notre convoi devient plus silencieux.

La route descend en dessinant de grandes courbes. Une voiture me coupe la trajectoire en se rabattant et c’est la chute ! Le vélo et la remorque glissent sur plusieurs mètres. Quant à moi, je me relève rapidement en serrant les dents pour ne pas effrayer les petites. Je ressens de grosses douleurs au niveau des mains et du mollet droit. Je m’en sors avec d’énormes bleus et un coude légèrement ouvert. A ce moment une voiture s’arrête. Le conducteur avait fait demi-tour pour voir si nous avions besoin d’aide. Soucieux de notre bien-être, il appela un ami dans le prochain village chez lequel nous pourrions être hébergés. Et nous voici confiés à des personnes de confiance qui possèdent une petite ferme où ils cultivent principalement du blé et des olives.

Il n’y a pas de salle de bain et les toilettes turques ne possèdent pas de chasse d’eau, tout se fait à partir d’un petit robinet d’eau froide. Maroc 1532

Romane s’applique à manger et boire comme les grands et de toute façon ici on utilise plutôt les mains pour manger dans le plat commun. Mais la cuisine souvent grasse ou en sauce ne fait pas de cadeau à l’unique pull qu’elle possède. De plus, du haut de ses 2 ans, elle aime encore beaucoup jouer par terre, peu importe si c’est sur le trottoir, entre les ordures ou dans les prés clairsemés de plantes à épines ! Mais, tout le monde est toujours en pleine forme et la turista n’a encore atteint personne !

Noémie se pose des fois des questions sur l’environnement dans lequel elle est plongée : « Mais pourquoi ils n’ont pas d’eau chaude ? », « Pourquoi ils suspendent la viande comme ça dehors ? », « pourquoi il n’y a que des messieurs qui boivent et mangent ici ? », etc. Une autre culture, une autre religion, un autre monde qui se dévoile à elle.

Maroc 1528Nous découvrons donc un Maroc hors des sentiers touristiques, la vie de ces habitants. D'ailleurs nous sommes toujours les seuls étrangers là où nous passons.Maroc 1573

Nous partons vers les montagnes du Moyen Atlas. A bientôt

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