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BIENVENUE

Nous sommes un couple, la trentaine passée, amoureux de nature et d'aventure. En 2005-2006, nous avons chevauché notre tandem pour effectuer en autonomie complète, durant une année, une traversée du continent américain, de l'Alaska à la Terre de Feu. Nous avons 2 enfants maintenant et continuons à explorer notre belle planète simplement. Retrouvez nos anciennes vadrouilles sur www.tandaimenature.unblog.fr

 

Nous avons créé ce nouveau blog pour continuer à partager avec vous en images nos futurs périples à pied, à vélo et en famille, en France ou à l'étranger. Vous trouverez également sur ce blog les informations concernant nos diaporamas et nos publications (livre et articlesainsi que le suivi de notre projet pour 2012 et le lien avec des élèves du primaire et du secondaire…

Bon voyage!

 

Myriam Walter et Arnaud Dulieu

 

Pour nous contacter : tandaimenature05(arobase)voila.fr



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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 21:58

Grece 3295A l’horizon, les montagnes grecques se dessinent sur la mer scintillante. Le Péloponnèse, encore enneigé à ses sommets, est pourtant déjà bien chaud lorsque nous posons nos roues sur le bitume du port de Patras. La nature s’est revêtue de ses plus beaux apparats pour nous accueillir. Un arc en ciel de couleur nous fait la haie d’honneur dès les premiers kilomètres. Ainsi, coquelicots, oranges, citrons, roses, acacias et glycines se succèdent au bord de notre route en dégageant, au gré de notre passage, leur parfum suave et délicat.

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Noémie saute de joie à l’idée de se mettre en maillot de bain. Le soleil brille mais la mer reste néanmoins froide. La tentation est grande. L’étendue limpide et salée nous attend !

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Nous sommes cependant nettement bien moins accueillis par les canidés grecs ! Il y en a toujours un pour venir nous surprendre au coin d’une maison ou derrière un arbre. Parfois, ils nous attendent à plusieurs au bout du chemin. Arnaud s’équipe d’un bâton pour ne pas qu’ils s’approchent trop près de nous. On imagine, qu’en ce temps de crise, un bon petit mollet leur ferait bien plaisir. Chaque maison est gardée par un chien. Leur nombre et taille varient en fonction de la propriété. Plus celle-ci est isolée, plus leur nombre est grand. De sûr, nous ne planterons pas la tente sur le gazon des habitants! De quoi se protègent-ils ? Un sentiment d’insécurité semble régner dans la région et nous ressentons ce malaise lorsque nous cherchons à camper le soir. Alors que le bord de mer semble propice pour notre bivouac de ce soir, je demande tout de même pour me rassurer, à un couple qui se promenait par là, si l’endroit est tranquille et ils me répondent qu’il y a beaucoup d’immigrés dans la région, notamment des somaliens et des pakistanais, qui ont tendance à voler et qu’il faut que nous fassions attention.

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Le lendemain, alors que je fais des courses, un somalien interpelle Arnaud en lui conseillant de ne pas laisser son vélo tout seul car il y a des roumains qui pourraient nous le voler ! Ils semblent tous se méfier les uns des autres et se jettent la pierre. La peur de l'autre renferme les gens sur eux-même. Un marocain, ravi de parler français avec Arnaud, lui explique alors qu’ils sont sans travail depuis la crise. Lui-même travaillait dans les champs de fraises et a perdu son emploi. Il vivote loin de son pays natal et explique que des amis à lui sont dans le même cas en Espagne. Ils étaient tous partis de leur pays à une époque où l’euro faisait rêver. A l’issue de la conversation, il demandera gentiment une pièce pour pouvoir manger. Nous offrons au somalien, au roumain et au marocain assis sur le même banc, trois barres de céréales qu’ils dévorent tout de suite en nous remerciant vivement. Ainsi, des paysans ont voulu protéger par des chiens, leurs cultures, leurs potagers et leurs poulaillers, de ses êtres humains qui, à la recherche de nourriture, auraient pu les piller et cette peur aurait envahi tous les habitants de la région.

 

Ce midi, nous nous octroyons une pause sur une plage déserte. Alors que les petites creusent le sable pour construire leur château, je perçois sur l’eau quelque chose d’étrange. Ce n’est pas un objet qui flotte car ça se meut. Ca n’a pas une forme humaine, mais pourtant on dirait une tête et des membres qui sortent de temps en temps de l’eau. Qu’est ce que ça peut bien être ? On dirait un animal mais qui peine à nager. C’est peut-être une tortue prise dans un filet de pêche ! Je lance immédiatement à Arnaud :« Va la sauver ! » Voici mon tarzan qui s’élance vers la chose non identifiée en nageant et soudain, on découvre enfin, à quelques mètres de nous, l’étrange forme vivante : ce sont deux tortues qui s’accouplent et qui se laissent dériver par les courants marins. Quel moment magique ! On les observe sans bouger. D’un coup, l’une prend le large et l’autre nage vers le rivage puis vers nous, juste à un mètre de nos jambes. C’est magnifique ! Quel cadeau !

 

En avance de quelques jours pour voir s’allumer la flamme olympique, nous grimpons tout de même à Olympie et vibrons dans l’enceinte du stadium en imaginant l’ambiance, il y a plus de 2000 ans, lorsque les coureurs franchissaient la ligne d’arrivée. Notre petite athlète relève le défi et termine la course la langue pendue !

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Dans une côte, en fin de matinée, un monsieur grisonnant nous dépasse et nous salue depuis sa mobylette. Puis, il s’arrête et avec quelques mots d’allemand, nous invite à boire du lait. Nous grimpons le chemin qui nous mène chez lui. Un amas de bric et de broc et une caravane parmi les oliviers. Il nous conduit tous les quatre jusqu’à sa chèvre pour finalement la traire et nous offrir son lait. Puis, il nous presse des oranges de son verger, nous apporte une gamelle remplie d’olives noires et de l’huile d’olive. Nous déjeunerons avec lui au son du bouzouki qu’il fait vibrer avec brio.

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Nous pédalons parmi les oliviers, nous reposons au bord de la mer, goûtons à certaines occasions aux moussaka, pita et feta et découvrons les petits villages du sud du Péloponnèse avec enchantement. Les chiens ont cédé la place aux serpents. Nous en découvrons des dizaines par jour, écrasés sur la route. Pouvons-nous encore laisser les filles jouer entre les pierres et hautes herbes? Nous hésitons.

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Dimanche 6 mai. Ce soir, la télévision du petit restaurant où nous dinons affiche les résultats des élections législatives du pays. Les grecs mettent beaucoup d’espoir sur leur nouveau gouvernement. Soudain, un petit encadré nous permet de découvrir notre nouveau président français. Un homme nous confie que la Grèce et toute l’Europe attendent maintenant beaucoup du président Hollande.

 

Lorsque nous campons en sauvage, nous devons nous charger de suffisamment d’eau pour nous rincer tous les quatre (surtout après avoir fait trempette dans l’eau de mer), pour cuisiner, laver les gamelles et pour boire avant le prochain ravitaillement. Notre réservoir de 10 L ainsi que les 4 bouteilles accrochées à nos vélos suffisent alors tout juste pour ces besoins. Les filles apprennent à ne pas gaspiller. Pour la lessive, nous attendrons un camping ou bien une fontaine.

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Ce matin, nous grimpons une ultime fois depuis le niveau de la mer jusqu’à 450 m d’altitude. La chaleur nous fait fortement transpirer. La visière de la casquette d’Arnaud laisse même tomber des gouttes de sueur. Les charmantes maisons en pierre agrémentée de pergola de vignes nous laissent deviner l’importance de l’ombre recherchée par les habitants.

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Après une magnifique route en balcon, nous trouverons au pied de l’église d’un tout petit village perché sur la montagne, l’emplacement idéal pour poser notre tente. D'ailleurs, c'est la seule parcelle horizontale dans cette zone montagneuse. Une fontaine d’eau potable à côté, des amandes qui jonchent le sol à casser et un âne à caresser. Voici de quoi bien occuper la soirée. Dommage que nos mots de grecs se limitent aux formules de politesse, nous aurions aimé échanger plus qu’un sourire avec nos voisins d’un soir.

 

Demain, le bateau nous attend au port de Githio. Il nous conduira jusqu’en Crète.

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