voyages d'aventure au plus près de la nature. Itinérance à pied, à vélo, en tandem...avec des enfants
A 2740 m d'altitude
A plus de 2000 m d’altitude, vêtus de toutes les couches de vêtements que nous possédons, nous avons très vite froid dès que le soleil se couche. Il nous faut encore passer un col à plus de 2700 m avant de plonger versant sud de l’Atlas où un climat différent nous attend.
La journée était mal partie pour moi car enquiquinée par une angine attrapée à Imilchil en me couchant les cheveux mouillés (eh oui, il n’y a pas de sèche cheveux dans notre remorque !), des petits ennuis intestinaux au réveil et les inconvénients des mauvais jours des femmes, je grimpe difficilement sur ma bicyclette. Mais, très vite je me laisse envahir par la beauté des lieux. Nous sillonnons dans un silence absolu cette route qui passe entre des montagnes de plus en plus arides. Par chance, Eole (ou Allah !) est avec nous ce jour –là et je me sens bercée par le cliquetis de la chaîne qui tourne et le sifflement du vent. D’un coup, je sursaute au son de la voix de l’homme qui m’interpelle sur le bas-côté : « Salaam alaikoum ! La besse ? »me lance-t-il. C’est la seule personne que nous croiserons de la matinée. Il est berger et son troupeau formé d’une centaine de chèvres et de moutons crapahute sur le flanc caillouteux de la montagne. Le col est là, le paysage est majestueux et nous sommes presque tristes de devoir descendre.
Nous passons ensuite par de petits villages où les habitations sont fabriquées en pisé (boue et paille). A chaque arrêt, un attroupement d’enfants se forme autour de la remorque. Et lorsque nos filles sortent de leur maisonnette, des cris et des rires viennent rompre le calme ambiant.
A Agoudal, une vingtaine d'enfants s'attroupent autour des filles
Nous serpentons à travers les Gorges rougeâtre du Todgha, le premier palmier apparaît. Les filles rencontrent leur premier dromadaire. Nous remplaçons les bonnets par les casquettes et les hommes du pays les capuches des djellabas par les chèches.
Noémie dans les ruelles d'un Ksar (village fortifié)
Nous traversons des palmeraies de cette région présaharienne où le sol sec ne laisse aucune verdure apparaître sous les dattiers. Les habitants se plaignent de la sècheresse. Il n’y a pas eu de pluie depuis des mois. Nous sommes les seuls dans le pays à ne pas l’attendre avec impatience !
Les filles jouent avec les cailloux et la poussière du bord de route. Ce soir, Hin, une fillette de 4 ans sera leur copine de jeu. Toutes les trois s’amuseront des dizaines de fois à remplir de sable une petite tasse en plastique et à nous l’apporter en disant « thé ! ». Plus tard, Noémie s’évertuera à expliquer le jeu de la bataille à Hin : « Alors tu comprends quand ton chien est plus grand que le mien t’as gagné, s’il est plus petit t’as perdu ! » et la petite fille en répondant quelques mots en bèrbère se retourne vers Romane qui étale toutes les cartes parterre et s’amuse alors à faire de même. Les paupières s’alourdissent. Le grand-père de Hin a abaissé la cloison de la tente berbère. Tout le monde se couche sur le sol bosselé enfuit dans les sacs de couchage ou sous les couvertures.
Au souk de Rissani
Ce matin, je prends la tête du convoi car le très fort vent de face ralenti considérablement notre avancée et comme la remorque d'Arnaud est peu aérodynamique, il se colle derrière moi pour se protéger un peu du vent et garder le rythme. Les filles se chamaillent, commencent à crier, à pleurer, on s'énerve. Romane ne veut pas rendre la casquette à Noémie! On leur explique qu'on va bientôt s'arrêter mais que là il n'y a rien alors on attend d'avoir un arbre ou quelque chose de sympa pour la pause. D'un coup, le coup de barre, je laisse Arnaud passer devant, je suis en hypoglycémie, mes jambes n'arrivent plus à tenir le rythme. Je fouille dans ma sacoche pour y trouver des amandes, mais pas de chance, j'ai oublié que les filles avaient tout mangé la veille! Je n'ose pas demander à Arnaud de s'arrêter car maintenant les filles dorment! Finalement au prochain village, lorsqu'on achètera de l'eau pour remplir nos gourdes vides, le commerçant nous offrira un kilo de dattes!
Nous sommes maintenant à Rissani où nous passons quelques jours pour profiter du désert et des dunes de sables avant de remonter vers le Nord.
Un ksar
A dos de dromadaire dans l'Erg Chebi