voyages d'aventure au plus près de la nature. Itinérance à pied, à vélo, en tandem...avec des enfants
L’accueil fut chaleureux pour l’arrivée de Mamie à Antalya : 45°C et au réveil, des heures d’embrassades lorsque les puces découvrent qui se cachent dans la nouvelle tente à côté de la nôtre.
« Bon, les gonzesses, vous êtes prêtes à pédaler par 45°C sur une grosse route avec plein de camions et de bus, le vent de face et un faux plat montant ? » lance Arnaud à la nouvelle troupe.
Pas de quoi faire rêver mais il faut bien sortir de l’agglomération d’un million d’habitants. Mamie Solange survit à la première épreuve grâce à l’ingestion de dizaine de litres d’eau et de coca et aux nombreux arrêts permettant de se rafraîchir. Ainsi, les arroseurs automatiques des gazons ou l’eau fraîche des fontaines sont largement exploités. Il n’est même plus envisageable de compter sur la mer pour baisser la température de nos corps bouillonnants, elle est presque aussi chaude que l’air.
Deuxième épreuve à passer : les bivouacs ! Planter la tente, dormir sur un matelas de 3 cm et manger assis parterre ou sur une pierre, laver la vaisselle au pain ou avec un demi bol d’eau, se laver avec un filet d’eau qui émane du réservoir pliable et de surcroît de nuit, réussir à tout empaqueter le matin et recharger son vélo pour repartir et recommencer le lendemain. Test également réussi avec brio ! Habituée à la vie de nomade et rudimentaire du fait de ses quelques expériences de cyclo-voyageuses et de ses nombreux séjours auprès des Touaregs du Niger, l’adaptation est immédiate.
Mercredi 20 juin, nous déposons une boîte de loukoums sur le tapis de sol en guise de gâteau d’anniversaire pour fêter les 65 ans de Mamie et trinquons avec des canettes de bière en substitution aux flûtes de champagne !
Arnaud avait beau supplier tous les dieux pour faire plier la « belle-doch » ! Mais rien à faire elle s’accroche ! De 45°C nous passons à 15°C en deux jours, vent de face, averse de pluie, tempête de grêle, orage. Rien n’y fait, elle garde le sourire même pas déçue d’être passée le long du littoral à côté de dizaines de palaces 5 étoiles et de dormir ensuite sur du béton dans un hangar ou derrière une station d'essence !
Agréable pique-nique au pied des palaces
Il ne restait plus qu’à affronter la montagne et des cols à 1300m et 1450m d’altitude pour terminer les épreuves. Mais avec un chargement inférieur aux nôtres, elle suit toujours.
En plus, elle nous suppléée dans la garde des enfants, leur raconte des histoires, leur chante des chansons, etc. Bref, elle tient bien son rôle de mamie. Alors, l’aventure à 3 générations, c’est du bonheur pour toute la famille.
A l'arrivée d'un des cols
Ayant quittés la côte méditerranéenne pour entrer à l’intérieur des terres, nous rencontrons dans les montagnes plus d’authenticité. Nous savourons ces instants de rencontres avec la population. Toujours prête à échanger un sourire, un salut, quelques mots ou un geste de générosité envers nous. Lors d’une pause à l’arrivée d’un col, un monsieur nous offre les achats qu’il venait de faire dans une fabrique de noisettes. Salées, pelées ou en crème, nous dégusterons ces victuailles avec une pensée émue pour cet homme qui ne savait plus quoi trouver dans son véhicule pour nous faire plaisir. Il voulait même offrir une couverture aux petites car l’air s’était nettement rafraichi après l’orage.
Plus nous grimpons, plus le paysage s’embellit. A cela s’ajoute encore le fait que nous ayons quitté la route principale au trafic intense qui relie Antalya à Konya, pour rouler avec une circulation quasi nulle sur une route secondaire qui mène au lac Beysehir.
Arnaud me rappelle que la dernière fois que nous avions roulé sur une route déserte, celle -ci était barrée à un moment donnée. Cette fois-ci, elle est en réfection sur la moitié de sa longueur et nous aurons suffisamment de graviers pour tester la robustesse de nos pneumatiques.
De l’eau, il nous faut sans cesse la dénicher, la transporter, parfois la purifier. Occasionnellement nous sommes obligés d’atteindre des villages pour la trouver. Cela permet de rentrer en contact avec les habitants. Tous les jours, nous apprenons un peu plus de mots turcs. Cependant, nous trouvons souvent dans ces villages, des hommes retraités qui ont travaillés plusieurs années en Allemagne ou en Autriche. L’opportunité de pouvoir approfondir la conversation, en allemand par conséquence, devient un plaisir mutuel. Nous apprenons ainsi que cet hiver, à l’endroit même où nous campons, 3 mètres de neige recouvraient le sol.
Les paysages de montagnes boisées de résineux qui diffusent leur agréable odeur nous ravissent. La région peu peuplée et nos campements sauvages nous laissent apprécier un doux silence lors d’agréables soirées, quelques fois agrémentées d’un petit feu. Nous dormons à nouveau dans nos sacs de couchage, heureux de ne plus subir la chaleur suffocante que nous avions sur la côte et qui mettait en péril notre aventure.
Après une sympathique descente cheveux au vent, l’étendue bleue du lac Beysehir se dévoile. Bel endroit paisible pour apprécier une pause d’une journée après 9 jours d'itinérance , faire un décrassage complet de nos vêtements et de nous-mêmes et recharger nos batteries au sens propre et figuré!