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voyages d'aventure au plus près de la nature. Itinérance à pied, à vélo, en tandem...avec des enfants

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Route de la soie et Cappadoce

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Le paysage change radicalement lorsque nous quittons Beysehir. Les forêts de pins laissent la place à des prairies asséchées. La route, qui ne forme plus qu’une longue ligne droite sur notre carte, peut laisser présager d’un parcours ennuyeux. Cependant, le fait de laisser son regard s’évader vers l’horizon en ne butant sur aucun obstacle vertical, de n’avoir à l’oreille que le sifflement du vent et de reproduire inexorablement le même mouvement de jambes, cela nous transporte lentement dans un état semi-conscient. Nous oublions le temps. Nous pouvons facilement laisser notre imagination faire disparaître les véhicules, faire apparaître des caravanes de chameaux et espérer qu’un caravansérail se présente bientôt pour se ravitailler et se reposer. Celui de Sultanhani nous aide à imaginer le passé. Nous avançons sur la route de la soie. Rien que le nom nous projette indubitablement dans une autre époque sur les chemins de l’orient.

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Le vent ne nous laisse aucun répit. Mamie Solange ne se laisse pas dégonflée, elle ouvre la voie pour nous protéger du souffle d’Eole. Nous finissons nos journées harassés. Mais tous les matins, nous avons à nouveau plaisir à pédaler, à se sentir libres. Libres comme l’air.

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Nous dévions de la route principale pour trouver à camper dans des prés. Mais Youssef, le propriétaire du terrain, vient nous demander de changer d’endroit, effrayé par le fait que nous puissions allumer un feu à côté de son champ de blé. Nous n’avons pas le temps d’être contrariés par ce contretemps que déjà il nous propose un nouvel emplacement, près de la mosquée et d’une fontaine. Il avertit ensuite les voisins qui s’empressent de venir nous rencontrer. En quelques minutes une quinzaine d’enfants et d’adultes nous entourent. Certains reviennent avec les bras chargés de victuailles. On nous offrira au cours de la soirée, de la pastèque, des abricots, du pain, des sodas, du gâteau, des frites, des graines de tournesol. Noémie déploie le cerf-volant qu’Arnaud avait un jour décroché d’un arbre. Les plus petits l’accompagnent et testent à leur tour la force du vent. Les filles sont passées sous le filet d’eau froide de la fontaine pour le lavage, la nuit est tombée, il est temps d’aller se coucher. Cependant, une habitante vient devant nos tentes nous convaincre, avec force paroles et gestes, que nous devons la suivre pour dormir et nous laver chez elle. Nous refusons étant donné que notre installation était déjà prête à accueillir nos deux petits loups aux paupières lourdes. Quelques minutes plus tard, alors que je couchais Romane dans la tente, j’entends mamie et Arnaud s’exclamer : « C’est pas possible ! Ils nous apportent une caravane !» Effectivement, le mari de cette femme avenante, aux commandes du tracteur, nous dépose une roulotte aménagée de matelas et d’un poêle. Alors que seules Solange et Noémie commencèrent la nuit dans la caravane, Arnaud, Romane et moi avons vite fait de combler le peu d’espace encore libre de cette roulotte. Le vent déchainé nous empêchait de fermer l’œil sous notre toile de tente. Quelle merveilleuse solution de replis ! Même si nous nous sommes allongés tous les cinq en travers sans pouvoir tendre nos jambes, nous avons au moins pu nous endormir.

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Les jours s’enchaînent avec toujours autant de surprises généreuses à notre égard. Nous avons quelques fois même honte d’installer le doute envers certaines personnes. Ainsi un jour, une voiture s’arrête juste devant nous. Un robuste homme y sort et nous fait signe de stopper. Nous exécutons. Mamie avoue ne pas être rassurée : « Qu’est ce qu’il nous veut, celui-là ? ». Il se dirige à l’arrière de son véhicule pour y attraper des oranges qu’il nous donne par dizaine. Un dernier signe de la main et il repart en nous souhaitant bon voyage.

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 Un autre jour, c’est Ali qui nous épate depuis son tracteur qu’il conduisait jusque chez lui en nous criant : « çay ? çay ?» (Thé ? thé ?). Le simple fait d’accepter sa proposition nous fera alors passer une superbe soirée en compagnie de toute sa famille. Le pain frais qu’il confectionne et cuit lui-même est un délice et un vrai plaisir gustatif pour des cyclistes affamés. Nous tentons de communiquer avec nos quelques mots de turcs et avec des gestes, mais les enfants et les animaux de la ferme sont de très bons vecteurs de communication et simplifient les échanges. Les femmes nous mènent dans leur potager, nous goutons et nommons dans les deux langues les diverses plantations. Il n’y en a qu’un qui n’est vraiment pas content que nous plantions nos tentes dans son  jardin, c’est le chien. A un mètre de nous, il nous cassera les oreilles en aboyant une bonne partie de la nuit, fort mécontent que nous nous installions sur son territoire.

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A la mi-journée, nous quittons la campagne et passons dans une ville de plus de 70000 habitants, Aksaray. En plein centre, dans un jardin public, nous déployons notre tapis de sol pour casse-croûter. Une dame vient s’accroupir à côté de nous. Tout d’abord surpris, nous lui sourions et tentons de comprendre ce qu’elle veut nous dire. Elle se relève et s’en va. Nous haussons les épaules. Soudain, je la vois revenir avec un plateau chargé d’une tranche de pastèque et de Gözleme au fromage. Elle le dépose et s’en retourne chez elle, dans un des appartements qui entourent la place.

C’est certain, la Turquie est un pays d’une hospitalité et d’une générosité surprenante.

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Nous continuons de pédaler sur le plateau anatolien et au milieu des plaines arides. Bien que les filles soient maintenant devenues des championnes de l’improvisation et de la construction de jeux avec trois fois rien, elles sont tout de même contentes de trouver des rochers et des arbres dans les diverses vallées de la Cappadoce. Il est vrai qu’à peine éjectée de la remorque, elles se construisent en général un monde avec ce qui les entoure. Un sol poussiéreux suffit à ce qu’elles imaginent et forment des chambres pour leur poupée ; de simples bâtons se transforment en canne à pêche pour attraper algues et autres branches de la rivière ; deux arbustes rabougris et trois cailloux forment rapidement une excellente cabane.

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Mais la Cappadoce n’est pas seulement un terrain de jeux pour enfants, elle l’est aussi pour les adultes. A plusieurs reprises, le sol se déchire soudainement devant nous et nous dévalons dans les vallées pour remonter ensuite à un autre bout. Les minarets diffusent le chant du muezzin qui résonne sur les falaises. Des trous apparaissent sur leur paroi. Des cavités qui ne sont que la vue extérieure de tout un habitat troglodyte. Des gens vivaient ainsi à l’intérieur de la roche. Des églises, des écoles y étaient creusées. Le fond de la vallée étant réservé aux cultures maraichères et fruitières.

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Tout aussi surprenantes, les cités souterraines byzantines construites parfois sur six ou sept étages sous terre qui servaient de refuge aux habitants chrétiens à l’époque de l’invasion de l’Anatolie par les musulmans.Dans le dédale des tunnels et chambres souterraines, Noémie s'interroge : "Mais pourquoi ils habitaient sous la terre? Pourquoi ils devaient se protéger des méchants? Qu'est-ce qu'ils avaient fait de mal, eux?". Il est parfois difficile de comprendre les conquêtes de territoire et les guerres de civilisations au regard des enfants.

    

A Göreme, nous mettons nos bicyclettes au repos mais pas nos gambettes. Randonner entre les cheminées de fées et autres formes rocheuses originales devient un moment magique. Les couleurs blanches, rosées et jaunâtres du minéral contrastent avec les jardins verdoyants du fond des vallons. Le plaisir s’intensifie à mesure que nous avançons car il suffit simplement, pour combler nos petits creux, de lever les bras pour décrocher des abricots des arbres ou de se courber pour les ramasser plus juteux. Lorsque la fin de journée arrive, nous concoctons joyeusement et collectivement un repas au camping avec nos nouveaux amis. Une famille nantaise que nous avions rencontrée trois mois auparavant en Italie et qui a effectué à peu près le même itinéraire que nous mais, en voiture aménagée.

 

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Nous sommes maintenant à un mois du retour, nous devons envisager d’effectuer un virage à 180° en direction de l’ouest pour lentement retourner vers la France.

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A
Je vais essayer de passer, je serai ravie de te revoir. Alors peut-être à vendredi.<br /> Bisous<br /> Alexandra
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G
coucou à tous<br /> <br /> J'ai suivi votre aventure avec beaucoup de joie et votre parcours m'a fait voyager ; je n'ai pas pu assister à une de vos projections ! dommage<br /> des soucis de santé de mon mari nous ont bien éprouvé en cette fin et début d'année.<br /> Je vous embrasse bien fort et espère vous voir un de ces jours<br /> Nadine (du Bartho)
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T
<br /> <br /> Bonjour Nadine,<br /> <br /> <br /> Nous te remercions pour tout les commentaires que tu nous avais laissés, cela fait toujours très plaisir. Loic nous a parlé d'une projection au lycée Bartho pour cette fin d'année. Alors sûrement<br /> à bientôt!<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
A
Salut Myriam,<br /> <br /> Ca fait un bail, je ne sais pas si tu te souviens de moi, Alexandra une ancienne voisine de St Jean. J'ai découvert ton site par hasard et j'ai été très heureuse de vous lire et suivre votre<br /> expédition. J'avais eu des nouvelles de ta cousine que je vois au moins une fois par an car Philippe est le chef de mon mari.Ta maman n'a pas changé, toujours très belle et tes filles sont<br /> adorables. J'ai pour ma part la chance d'avoir deux garçons. Peut-être qu'un jour aura t'on l'occasion de se revoir. Un bonjour à Cédric.<br /> <br /> Gros bisous<br /> <br /> Alexandra
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T
<br /> <br /> Incroyable!<br /> <br /> <br /> Je suis émue de te lire après tant d'année! Si tu es dans le coin, vendredi 3 mai, nous projettons notre diaporama à St-Jean. A bientôt peut-être!<br /> <br /> <br /> <br />
N
Salut à vous tous<br /> <br /> Vos commentaires nous permettent de voyager un peu et d'avoir de vos nouvelles... Bonne continuation et bon retour.
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T
<br /> <br /> Merci beaucoup!<br /> <br /> <br /> <br />
C
Quelle hospitalité ces turques! Je n'en reviens pas. Quand je suis allée à Chypre chez un ami, il y a bien longtemps, plus de 30 ans, c'étaient des envahisseurs. Chypre était partagé en deux, le<br /> côté grec et le côté turque, avec un no man's land gardé par les casques bleus. Nous n'avons pu aller au nord de l'île, car c'était dangereux. Je pense que cela va être dur pour vous de revenir<br /> dans notre civilisation individualiste et conformiste, où le partage n'existe plus ou guère. Bravo à Mamie, quelle santé! Bonne fin de voyage. Bisous à tous les cinq, et à bientôt.<br /> Christine
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T
<br /> <br /> C'est sûr qu'ils n'ont pas que des amis voisins!<br /> <br /> <br /> On s'adaptera à notre monde et on essayera d'y mettre notre goutte d'eau...pour un monde meilleur!<br /> <br /> <br /> <br />