BIENVENUE

Nous sommes un couple, la trentaine passée, amoureux de nature et d'aventure. En 2005-2006, nous avons chevauché notre tandem pour effectuer en autonomie complète, durant une année, une traversée du continent américain, de l'Alaska à la Terre de Feu. Nous avons 2 enfants maintenant et continuons à explorer notre belle planète simplement. Retrouvez nos anciennes vadrouilles sur www.tandaimenature.unblog.fr

 

Nous avons créé ce nouveau blog pour continuer à partager avec vous en images nos futurs périples à pied, à vélo et en famille, en France ou à l'étranger. Vous trouverez également sur ce blog les informations concernant nos diaporamas et nos publications (livre et articlesainsi que le suivi de notre projet pour 2012 et le lien avec des élèves du primaire et du secondaire…

Bon voyage!

 

Myriam Walter et Arnaud Dulieu

 

Pour nous contacter : tandaimenature05(arobase)voila.fr



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Jeudi 24 mai 2012 4 24 /05 /Mai /2012 15:59

Il fait noir nuit lorsque le bateau nous débarque au port de Kissamos en Crète. Les quelques conducteurs se signent en descendant leur véhicule du navire. Nous ne savons pas encore où dormir.  Il est 23 heures. Tout le monde a sommeil. L’ambiance est un peu tendue. Pas question de pédaler plusieurs kilomètres de nuit. La décision est vite prise. Le parvis de l’église à 200 m du débarcadère sera l’endroit plat idéal pour poser notre tente. En 10 minutes tout est installé : tente montée, matelas gonflés, sacs de couchages déroulés et les deux choupettes sont déjà dans les bras de Morphée ! Ni les cloches qui sonnent tous les quarts d’heures, ni le vacarme des vagues qui déferlent sur les rochers ne nous réveilleront.

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                                                                          Côte nord de la Crète

La religion orthodoxe est omniprésente en Grèce. Sur notre chemin, il y a toujours un petit autel, une chapelle, une église, qui rappellent la ferveur du peuple envers son Dieu. Nous composons alors avec elle lors de nos bivouacs et trouvons devant les églises le seul endroit accueillant pour poser notre tente vu la configuration très escarpée de l’île et qui, de surcroît, possède toujours un point d’eau.

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Dans un premier temps, nous longeons la côte nord. Surpris et très vite lassés par l’abondance des infrastructures liées au tourisme de plage et par le nombre d’étrangers venus 8 jours se faire roussir la peau.

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                                                                                     Chania

 Nous décidons de la quitter pour aller à la rencontre des habitants dans les petits villages de montagne. Par chance, il existe une nouvelle route qui ne figure même pas sur notre carte, aplatie et élargie, elle a complètement annulée le trafic de l’ancienne voie, bien plus tortueuse et étroite. Notre but n’est pas d’aller au plus vite d’un point à un autre, mais plutôt de trouver dans un trajet la plus grande richesse possible. Pour cela, il va falloir grimper sur les flans des montagnes, suer en plein cagnard, peiner dans les raideurs, sursauter sur le bitume mal entretenu. Mais là où le touriste s’arrête, le voyage commence.

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                                                                Vue sur Héraklion en contre-bas

Ainsi, nous obtiendrons des œufs ou du lait frais de chèvre de nos voisins d’un soir. Nous nous délecterons des oranges, des olives, de la table et des chaises aimablement apportés par un habitant pour que nous nous reposions à l’ombre, un midi. Les tenanciers des « mini-markets » gâteront souvent nos filles de bonbons ou de barres chocolatées.

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                                                                   Lavage de nuit avec la bassine pliable

 De même, comme nous avons été touchés par certaines rencontres, les vétérans du petit village de Damasta ne sont pas prêts d’oublier notre passage. Les hommes grisonnants jouant aux cartes au petit bar nous ont épiés longuement, interloqués par nos montures que nous poussions dans les ruelles. Une vieille dame est restée durant notre installation et notre repas derrière sa fenêtre à nous observer. Et que dire des deux doyennes qui nous invitent le matin à boire un café et qui s’efforcent de parler lentement pour que nous les comprenions, mais en vain. Nous montrons sur une carte la France en nous désignant pour leur expliquer que nous sommes français et puis en tournant les poings, nous indiquons les pays que nous avons parcourus à vélo. Elles s’esclaffent de notre aventure familiale et continuent à nous parler en grec avec une manière touchante de s’appliquer pour tenter de communiquer avec nous. Après des accolades, nous les quittons en leur disant « efcharisto » pour le café. Il est vrai que nos rencontres sont davantage des personnes âgées au grand regret de Noémie qui préfèrerait des enfants avec qui jouer. Cependant, nous n’en croisons guère. Les villages de montagne se font sûrement vieillissants et les enfants sont davantage dans les villes.

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 Le silence règne. Seul, un marchand ambulant  crie dans son haut-parleur pour vendre des légumes. Nous laissons les couleurs vives des bougainvilliers, géraniums, rhododendrons et ibiscus qui agrémentent les maisons pour retrouver autour de la route un paysage quadrillé par une végétation unicolore. Ainsi, le vert des rangées d’oliviers alterne avec le vert des jeunes vignes.

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                                                                                   Côté sud

Nos corps réclament maintenant du repos. Nous sommes fatigués. Le compteur affiche plus de 3200 km et cela fait un peu plus de 3 mois que nous sommes en vadrouille. Nous faisons alors une pause de 3 jours sur la côte sud, à Koutsounari, dans un camping d’une centaine d’emplacement. Nous partageons les lieux avec seulement un couple d’autrichiens. La mer et la piscine juste pour nous. Mais le vent frais qui balaye la côte depuis quelques jours estompe nos envies de se baigner. Durant cette pause,  nous aimerions faire la grasse matinée, mais les oiseaux sont toujours là pour entamer leur concert dès l’aurore. Si par hasard, nous ne les entendions pas, Romane s’appliquera alors à les relayer ! C’est évident, à 4 sous la tente, il faut savoir cohabiter. Il faut également constamment prendre les décisions, en mettant sur la balance, les envies de 4 personnes. Nous faisons forcément des concessions pour nos enfants et passons par exemple à côté des vestiges de la civilisation des minoens à Knossos  sans s’arrêter pour privilégier la pause près d’une balançoire.

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Nous traversons à nouveau l’île dans sa partie ouest cette fois, en remontant vers le Nord pour rejoindre le port de Sitia. La route sinueuse nous laisse le temps d’admirer un paysage rocailleux, assez aride mais qui laisse toujours la place aux oliviers. Nous sommes d’ailleurs surpris de toujours voir de petits tuyaux noirs irriguer chaque tronc. Nous apprenons que la nappe phréatique sous l’île est déjà quasi vide et que les insulaires puisent maintenant leur eau dans la nappe sous-marine.

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                                                                              Euh...On va où?

Pour nos derniers instants en Crète, nous savourons des « mezze », de petits encas typiques constitués de produits du terroir : tomates, concombres, olives, pain croustillant, feta, feuilles de vignes farcies, etc. Les petits bateaux de pêche colorés s’enflamment au coucher du soleil, une douce musique traditionnelle nous envoûte, nous sommes conquis.

     

 

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                                                                 Crique sur l'île de Rhodes

Nous poursuivons notre chemin vers l’Est. L’île de Rhodes est notre prochaine escale.

Nous débarquons penauds, petites fourmis à roulettes parmi des milliers de fourmis sortant du ventre des bateaux de croisières, des yachts et des avions. Vêtus de blancs, petites chaussures dorés, décolletés, ongles vernis et peau parfumée, nous dénotons avec nos guenilles que l'on porte depuis 3 mois et nos grossières sandales! Peu importe, on visitera ce qu'il y a de beau au niveau de la vieille ville et de la nature. Mais une telle infrastructure touristique sur l'île nous laisse perplexes quant à son impact écologique.

Demain, nous disons "adio" à Rhodes et à la Grèce pour rejoindre la Turquie par le petit bout de mer qui les sépare.

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                                                 Notre parcours jusqu'à présent (grossièrement tracé)

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Mercredi 9 mai 2012 3 09 /05 /Mai /2012 21:58

Grece 3295A l’horizon, les montagnes grecques se dessinent sur la mer scintillante. Le Péloponnèse, encore enneigé à ses sommets, est pourtant déjà bien chaud lorsque nous posons nos roues sur le bitume du port de Patras. La nature s’est revêtue de ses plus beaux apparats pour nous accueillir. Un arc en ciel de couleur nous fait la haie d’honneur dès les premiers kilomètres. Ainsi, coquelicots, oranges, citrons, roses, acacias et glycines se succèdent au bord de notre route en dégageant, au gré de notre passage, leur parfum suave et délicat.

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Noémie saute de joie à l’idée de se mettre en maillot de bain. Le soleil brille mais la mer reste néanmoins froide. La tentation est grande. L’étendue limpide et salée nous attend !

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Nous sommes cependant nettement bien moins accueillis par les canidés grecs ! Il y en a toujours un pour venir nous surprendre au coin d’une maison ou derrière un arbre. Parfois, ils nous attendent à plusieurs au bout du chemin. Arnaud s’équipe d’un bâton pour ne pas qu’ils s’approchent trop près de nous. On imagine, qu’en ce temps de crise, un bon petit mollet leur ferait bien plaisir. Chaque maison est gardée par un chien. Leur nombre et taille varient en fonction de la propriété. Plus celle-ci est isolée, plus leur nombre est grand. De sûr, nous ne planterons pas la tente sur le gazon des habitants! De quoi se protègent-ils ? Un sentiment d’insécurité semble régner dans la région et nous ressentons ce malaise lorsque nous cherchons à camper le soir. Alors que le bord de mer semble propice pour notre bivouac de ce soir, je demande tout de même pour me rassurer, à un couple qui se promenait par là, si l’endroit est tranquille et ils me répondent qu’il y a beaucoup d’immigrés dans la région, notamment des somaliens et des pakistanais, qui ont tendance à voler et qu’il faut que nous fassions attention.

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Le lendemain, alors que je fais des courses, un somalien interpelle Arnaud en lui conseillant de ne pas laisser son vélo tout seul car il y a des roumains qui pourraient nous le voler ! Ils semblent tous se méfier les uns des autres et se jettent la pierre. La peur de l'autre renferme les gens sur eux-même. Un marocain, ravi de parler français avec Arnaud, lui explique alors qu’ils sont sans travail depuis la crise. Lui-même travaillait dans les champs de fraises et a perdu son emploi. Il vivote loin de son pays natal et explique que des amis à lui sont dans le même cas en Espagne. Ils étaient tous partis de leur pays à une époque où l’euro faisait rêver. A l’issue de la conversation, il demandera gentiment une pièce pour pouvoir manger. Nous offrons au somalien, au roumain et au marocain assis sur le même banc, trois barres de céréales qu’ils dévorent tout de suite en nous remerciant vivement. Ainsi, des paysans ont voulu protéger par des chiens, leurs cultures, leurs potagers et leurs poulaillers, de ses êtres humains qui, à la recherche de nourriture, auraient pu les piller et cette peur aurait envahi tous les habitants de la région.

 

Ce midi, nous nous octroyons une pause sur une plage déserte. Alors que les petites creusent le sable pour construire leur château, je perçois sur l’eau quelque chose d’étrange. Ce n’est pas un objet qui flotte car ça se meut. Ca n’a pas une forme humaine, mais pourtant on dirait une tête et des membres qui sortent de temps en temps de l’eau. Qu’est ce que ça peut bien être ? On dirait un animal mais qui peine à nager. C’est peut-être une tortue prise dans un filet de pêche ! Je lance immédiatement à Arnaud :« Va la sauver ! » Voici mon tarzan qui s’élance vers la chose non identifiée en nageant et soudain, on découvre enfin, à quelques mètres de nous, l’étrange forme vivante : ce sont deux tortues qui s’accouplent et qui se laissent dériver par les courants marins. Quel moment magique ! On les observe sans bouger. D’un coup, l’une prend le large et l’autre nage vers le rivage puis vers nous, juste à un mètre de nos jambes. C’est magnifique ! Quel cadeau !

 

En avance de quelques jours pour voir s’allumer la flamme olympique, nous grimpons tout de même à Olympie et vibrons dans l’enceinte du stadium en imaginant l’ambiance, il y a plus de 2000 ans, lorsque les coureurs franchissaient la ligne d’arrivée. Notre petite athlète relève le défi et termine la course la langue pendue !

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Dans une côte, en fin de matinée, un monsieur grisonnant nous dépasse et nous salue depuis sa mobylette. Puis, il s’arrête et avec quelques mots d’allemand, nous invite à boire du lait. Nous grimpons le chemin qui nous mène chez lui. Un amas de bric et de broc et une caravane parmi les oliviers. Il nous conduit tous les quatre jusqu’à sa chèvre pour finalement la traire et nous offrir son lait. Puis, il nous presse des oranges de son verger, nous apporte une gamelle remplie d’olives noires et de l’huile d’olive. Nous déjeunerons avec lui au son du bouzouki qu’il fait vibrer avec brio.

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Nous pédalons parmi les oliviers, nous reposons au bord de la mer, goûtons à certaines occasions aux moussaka, pita et feta et découvrons les petits villages du sud du Péloponnèse avec enchantement. Les chiens ont cédé la place aux serpents. Nous en découvrons des dizaines par jour, écrasés sur la route. Pouvons-nous encore laisser les filles jouer entre les pierres et hautes herbes? Nous hésitons.

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Dimanche 6 mai. Ce soir, la télévision du petit restaurant où nous dinons affiche les résultats des élections législatives du pays. Les grecs mettent beaucoup d’espoir sur leur nouveau gouvernement. Soudain, un petit encadré nous permet de découvrir notre nouveau président français. Un homme nous confie que la Grèce et toute l’Europe attendent maintenant beaucoup du président Hollande.

 

Lorsque nous campons en sauvage, nous devons nous charger de suffisamment d’eau pour nous rincer tous les quatre (surtout après avoir fait trempette dans l’eau de mer), pour cuisiner, laver les gamelles et pour boire avant le prochain ravitaillement. Notre réservoir de 10 L ainsi que les 4 bouteilles accrochées à nos vélos suffisent alors tout juste pour ces besoins. Les filles apprennent à ne pas gaspiller. Pour la lessive, nous attendrons un camping ou bien une fontaine.

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Ce matin, nous grimpons une ultime fois depuis le niveau de la mer jusqu’à 450 m d’altitude. La chaleur nous fait fortement transpirer. La visière de la casquette d’Arnaud laisse même tomber des gouttes de sueur. Les charmantes maisons en pierre agrémentée de pergola de vignes nous laissent deviner l’importance de l’ombre recherchée par les habitants.

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Après une magnifique route en balcon, nous trouverons au pied de l’église d’un tout petit village perché sur la montagne, l’emplacement idéal pour poser notre tente. D'ailleurs, c'est la seule parcelle horizontale dans cette zone montagneuse. Une fontaine d’eau potable à côté, des amandes qui jonchent le sol à casser et un âne à caresser. Voici de quoi bien occuper la soirée. Dommage que nos mots de grecs se limitent aux formules de politesse, nous aurions aimé échanger plus qu’un sourire avec nos voisins d’un soir.

 

Demain, le bateau nous attend au port de Githio. Il nous conduira jusqu’en Crète.

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Samedi 28 avril 2012 6 28 /04 /Avr /2012 17:11

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                                                                Le volcan Vésuve

 

Arnaud décroche une bonne dizaine d’oranges et de mandarines des arbres pour nous donner les vitamines et l’énergie suffisantes pour quitter le niveau de la mer et grimper de plus en plus haut vers le soleil dans l’espoir de s’en approcher !

Mais quelle ne fût pas notre surprise au col, après plusieurs heures d'effort, lorsque nous découvrons 750 m plus bas la mer et une vue inquiétante sur la grosse masse de nuages noirs qui en quelques minutes allaient entièrement nous phagocyter.

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Sans le savoir, nous roulons alors sur les parois escarpées d’un incroyable littoral où routes, maisons et citronniers sont accrochés à la paroi abrupte. Dans cette espace réduit par la verticalité de la falaise, les habitants ont pour moyens de locomotion des minis voitures toutes éraflées et cabossées ou des scooters. Les parkings sont suspendus dans le vide. De quoi nous donner le vertige.Italie-sud 3089                                         Figuier et village accrochés à la paroi de la côte amalfitéenne

Italie-sud 3092                                                                  Citronniers en  terrasse

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                                                                  A Amalfi, entre deux averses!

 

Nous n’avons trouvé aucune carte de la région et celle que nous possédons présente une échelle beaucoup trop grande pour repérer convenablement notre futur parcours. C’est ainsi que nous nous sommes embarqués sur des routes traversant une succession de chaînes de montagnes. Les sommets enneigés et les pancartes indiquant des stations de ski nous laissent augurer de l’altitude élevée des montagnes avoisinantes. Nous avançons lentement dans une région certes intéressante mais bien trop difficile pour de pauvres petits escargots qui transportent leur maison !

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                                              Recherche d'un emplacement pour passer la nuit

 

Ayant oubliés que nous sommes dimanche, bien évidement, aucun marchands n’a ouvert ses portes aujourd'hui. Les crocs au ventre nous sommes alors heureux de trouver dans le village un bar qui nous fera griller des panini.

 Il n’y a plus de circulation sur cette petite route. Loin de nous inquiéter de la situation, nous descendons allègrement la pente après avoir passé 3 heures à grimper. Soudain, une pancarte en travers du chemin signale que toute circulation est interdite. Au dernier croisement, il y a plusieurs kilomètres de cela, nous n’avions vu aucune indication. Nous continuons à descendre car il nous est moralement impensable de remonter. D’un coup, de gros blocs de pierres barrent la route. Crispés, nous jugeons vite de la situation : « Ca passe ! ». Un espace aussi large que la remorque sera tout juste suffisant pour nous laisser l’opportunité de dévaler jusque dans la vallée et de bivouaquer parmi les oliviers.

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                                                        Village perché du sud italien

En traversant la ville de Potenza à midi, je vois sur une pancarte qu’il y a un grand parc de jeux à droite. Nous dévions pour offrir un bon moment aux filles. Manque de chance, le complexe est fermé jusqu’à 17 h. Avant de remonter sur selle, le directeur nous interpelle et nous offre la possibilité d’y entrer et de laisser nos enfants jouer. Un grande structure de jeux à elles toutes seules : elles sont ravies! Tout cela, bien sûr, grâce aux vélos ! En voiture, cela ne se serait jamais produit.

Le soleil revenu, les italiens semblent plus détendus. Les coups de klaxons sont accompagnés d’une salutation alors qu’au préalable ils signifiaient plutôt : « Pousse-toi, j’arrive ! ». Notre chargement les intrigue. Un vieux monsieur nous questionne : « Mais où est votre maison ? » ; « c’est notre tente ! » répondons-nous ; « mais il n’y a pas de camping ici  et après c’est que de la campagne, il n’y a rien ! » ; « tant mieux, c’est ce que nous voulons pour planter notre tente ! ». Le vieil homme secoue la tête et tourne les talons en haussant les épaules. Pense-t-il alors que nous sommes fous ou bien que nous nous moquons de lui ? Toujours est-il que nous aurons plusieurs fois posé pied dans de beaux endroits pour bivouaquer. Chacun vaquent alors à ses occupations. Noémie grimpe aux arbres. Romane joue avec des cailloux et du sable. Arnaud, monte la tente. Je déballe les affaires de la remorque.

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                                               Menu du soir : pâtes, sauce tomates et parmesan

La nature qui nous avait laissé aucun répit ses derniers jours veut se faire pardonner et nous offre enfin de douces soirées printanières. Regarder une dernière fois les étoiles scintiller avant de se blottir dans son sac de couchage et attendre que les oiseaux entament leurs chants matinaux en harmonie avec les premières lueurs pour se réveiller délicatement. Voici ce que nous appelons le bonheur simple.

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Ravis d’avoir ingéré un stock de sucres lents tous les soirs en testant tortellini, fusili et autres pâtes italiennes, nous ne serons pas mécontents de goûter à de nouvelles habitudes alimentaires en changeant de pays.

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                                                                    Tétines de Mozzarella

 

Nous quittons le port de Bari pour rejoindre Patras.

« Arriverderchi Italia ! » et « Kalimera » la Grèce

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Jeudi 19 avril 2012 4 19 /04 /Avr /2012 11:04

« On va où ? »

Nous décidons de longer la côte jusqu’à ce que s’annonce un hébergement peu onéreux. Loin de nous douter que nous allons véritablement vivre un parcours du combattant, nous sortons du port crispés par le froid, le vent et la pluie. Les klaxons, les moteurs des véhicules, le bruit de la tempête ne suffisent pas à nous énerver, il faudra encore que s’ajoutent une chaussée recouverte de pavés glissants et complètement défoncée par endroit, des flaques d’eau énormes à éviter, des voitures qui s’arrêtent, déboitent, nous frôlent, nous éclaboussent, d’autres sont garées en double file ou perpendiculairement à la route, les rails du tramways  qui tentent de nous faire tomber, une rue inondée, un molosse qui se jette sur moi. .. Nous sursautons sur ces pavés dans un vacarme incessant, nous jouons avec nos manettes prêts à pousser, tirer, freiner, tourner,  le regard captant toutes les informations à quasi  300°. Je me crois dans un jeu vidéo où je dois avancer en évitant les obstacles tout en trouvant la bonne direction, sauf qu’ici, on n’aura pas de deuxième chance.

 

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Nous arriverons finalement à Pompéi, soulagés d’avoir gagnés les combats tels des gladiateurs. Dans le camping inondé, nous posons nos chars. La grille s’ouvre, les fauves sont lâchés. Ils sauteront inlassablement sur les lits du petit bungalow qui nous protègera de l’humidité ambiante.

Italie-sud 3006                                                   Dans les ruelles de Pompéi

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Jeudi 19 avril 2012 4 19 /04 /Avr /2012 10:49

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Porto Torres est la ville où nous débarquons au nord de la Sardaigne. Notre compteur affiche alors 1616 km. Uniquement équipés d’une carte où 1cm représente 8km, nous imaginons notre trajet vers le Sud en empruntant les petites routes colorées en blanc ou jaune. Elles se dessinent, tels des intestins, de façon si tortueuses qu’elles laissent présager un relief chaotique. En effet, nous sommes servis. Tels des yoyos, nous montons et descendons, enchainant les virages sur le flanc escarpé du littoral.

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 A notre gauche, la pente est recouverte de broussailles et de fleurs jaunes. A notre droite, s’étale à l’infini, l’horizon bleuté et scintillant de la mer. Cela nous éveille des souvenirs de la Corse et du parcours que nous avions effectué il y a tout juste 5 ans, tout autour de l’île. A l’époque, nous pédalions avec notre ancien compagnon de voyage : le tandem. Nous étions également accompagnés d’un tout nouveau compagnon, bien loti dans le cocon maternel et qui allait naître 6 mois plus tard : Noémie.

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Ce soir, nous trouvons le campement idéal pour ne pas dire idyllique. La mer, le flux et reflux des vagues, le reflet d’un soleil couchant et des petites filles qui rient aux éclats : un pur bonheur qui s’offre à nous après une dure journée de pédalage.

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Nous trouvons ici de nouvelles habitudes alimentaires et testons les spécialités locales. Ainsi, pain Guttiau, nougat et pâtes s’affichent à nos menus quotidiens. Notre réchaud à essence fonctionne matin et soir et même ainsi, nos économies diminuent bien plus vite qu’au Maroc.

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La pluie s’abat sur notre tente toute la nuit et au petit matin, une petite accalmie laisse le temps aux filles de s’amuser sur les jeux dégoulinants du camping. Nous décidons de prendre la route mais, à peine partis, la pluie tombe à nouveau et ne cessera plus de la journée. Nous continuons à pédaler dans la grisaille ambiante. Seuls quelques coquelicots s’efforcent d’égayer le paysage. Nous arrivons à Oristano. Entre le vacarme des gouttes de pluie sur la capuche et le bruit des voitures, je crie de toutes mes forces : « Arnaud ! A gauche, centre commercial ! ». Il bifurque et en moins de deux, nous voici au sec pour le casse-croute de midi. Les filles ne se sont rendues compte de rien. Elles se réveillent doucement de leur petit abri, Noémie s’exclame : « Oh, vous êtes tout mouillés ! »

Malgré la pluie incessante, nos vêtements encore humides, nous repartons. Ce soir-là, nous nous réfugierons dans un petit hôtel pour faire sécher nos guenilles et dormir au sec.

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Le ciel reste menaçant le jour suivant et nous ne pouvons nous permettre une nuit d’hôtel tous les soirs. Nous décidons de tenter de dormir à la ferme, nommé ici « agriturismo ». Nous plantons la tente dans le jardin d’un apiculteur et cuisinons au réchaud une polenta qui comblera bien les besoins de cyclistes affamés. A peine avalé, nous nous empressons de tout ranger pour rejoindre notre tente car il pleut à nouveau et ce, jusqu’au lendemain midi. L’attente d’une éclaircie sera l’occasion pour Romane de dessiner et pour Noémie de faire quelques exercices dans son cahier de vacances !

Nous visons désormais Cagliari et ses plages en espérant y trouver des campings. Lorsque nous questionnons les sardes en y mêlant de l’espagnol, de l’anglais, du français et quelques mots d’italien, ils ne semblent guère préoccupés par notre souci et nous répondent qu’ils ne savent pas ou même qu’ils ne comprennent pas notre demande ! Très surprenant, le mot camping n’est pas forcément compris par nos interlocuteurs. Autre surprise lorsque nous sommes arrivés aux abords de la ville et que nous cherchions à y pénétrer par de petites routes, toutes les personnes nous ont dirigées vers des 4 voies. Nous abandonnons la possibilité d’être aidés pour ne faire confiance qu’à notre bon sens. Sur la carte, il ne reste plus que 3 km avant la ville et nous sommes fiers d’avoir réussi à traverser les faubourgs  en évitant les voies rapides et en s’engageant dans les ruelles à sens unique sans tourner en rond ! Mais, déception, alors que nous terminions de monter la côte, nous découvrons que la suite de la route nous mène tout droit sur une 4 voies. Nous refusons de nous y engager. Il n’y a pas de bas-côtés, le trafic est intense et les véhicules sont lancés à plus de 100km/h, ce serait bien trop dangereux pour nous et nos filles. Nous faisons alors demi-tour et un détour de 35 km pour finalement arriver sur la côte de Cagliari où le « campeggio »  est fermé. Que faire ? Impossible camper en sauvage et il n’y a pas l’ombre d’un hébergement à l’horizon, aucune indication et personne qui sache nous informer. A 19h30, nous trouvons un Bed&Breakfast, fermé aussi. A 19h45 un hôtel, enfin ! La nuit est tombée, nous cuisinons des pâtes dans la chambre pendant que les filles regardent un dessin animé en italien. Nous soufflons enfin, pas prêts d’oublier ce vendredi 13 !

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Le lendemain, nous nous dirigeons vers une agence portuaire et apprenons que les bateaux qui vont en Sicile ne partent que dans 5 jours. Nous avions envisagé la suite du parcours sur l’île italienne voisine et étions motivés pour la découvrir. Mais, le temps maussade et froid ne nous engage guère à rester encore plusieurs jours en Sardaigne. Arnaud questionne la réceptionniste :

- Demain, il y a des bateaux qui partent de Cagliari ? »

- Oui bien sûr !

- Et ils vont où ?

- Il y en a un qui va à Rome

- Et aujourd’hui ?

- Mais, vous voulez allez où ?

- On ne sait pas !

- ?????

-Il y a un bateau qui part ce soir ?

- Oui, il y a un départ pour Naples, mais l’embarquement se fait dans une demi-heure

Après quelques dizaines de minutes de concertation familiale, nous prenons le billet, sautons sur nos vélos et rentrons dans le ventre du Toscana, le ferry qui nous conduira à Naples durant la nuit. Ce n’était pas prévu, rien n’est d’ailleurs prévu à l’avance dans un tel voyage. Il est vrai qu’avec les technologies actuelles, nous aurions pu savoir beaucoup de choses à l’avance. Cela pourrait même aller jusqu’à voir par satellite le relief et la couleur du ciel du lendemain, mais à quoi bon savoir à l’avance que le ciel va nous tomber sur la tête et que la route sera mauvaise ?

Nous n’aurions d’ailleurs jamais fait ce choix si nous avions su que le déluge s’abattait sur toute la région de Naples et que nous allions sortir du ventre du bateau arrosés en quelques secondes par la tempête !

 

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