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BIENVENUE

Nous sommes un couple, la trentaine passée, amoureux de nature et d'aventure. En 2005-2006, nous avons chevauché notre tandem pour effectuer en autonomie complète, durant une année, une traversée du continent américain, de l'Alaska à la Terre de Feu. Nous avons 2 enfants maintenant et continuons à explorer notre belle planète simplement. Retrouvez nos anciennes vadrouilles sur www.tandaimenature.unblog.fr

 

Nous avons créé ce nouveau blog pour continuer à partager avec vous en images nos futurs périples à pied, à vélo et en famille, en France ou à l'étranger. Vous trouverez également sur ce blog les informations concernant nos diaporamas et nos publications (livre et articlesainsi que le suivi de notre projet pour 2012 et le lien avec des élèves du primaire et du secondaire…

Bon voyage!

 

Myriam Walter et Arnaud Dulieu

 

Pour nous contacter : tandaimenature05(arobase)voila.fr



cd 12 143

7 mars 2012 3 07 /03 /mars /2012 15:44

DSC00204En France, lorsque nous regardions la carte du Maroc, j’avais lancé à Arnaud en pointant du doigt une zone du Haut-Atlas : « Ca doit être beau et sauvage par là ! »et à lui de me répondre : « Ben ça tu peux oublier, on n’ira jamais dans ce coin, c’est beaucoup trop dur, il y a des cols à plus de 2000 mètres et imagine, le Haut-Atlas c’est un peu comme les Alpes sauf qu’il n’y a pas beaucoup de villages pour se ravitailler ! »
Qu’est ce qui fait que nous y sommes aujourd’hui ? Est-ce l’envie de voir plus loin, d’être plus haut, de rencontrer encore plus ceux qui ne croisent jamais d’étrangers ? Est-ce le simple fait que le vélo nous donne cette incroyable sensation de liberté de pouvoir aller partout peu importe le temps que cela prendra ?


 Toujours est-il que nous voici dans les montagnes, nous avons quitté la plaine à Kasba Tadla pour grimper ensuite un premier col durant 12 km, ce qui nous aura valu 2 heures d’effort continu. Mais lorsque nous découvrons toute l’enfilade de montagnes enneigées à l’horizon, la récompense est là, c’est majestueux !
Nous enchainons ensuite les nuits chez l’habitant. Il gèle et dormir sous la tente serait trop risqué par ses températures.

DSC00213


Un de ces soirs, vers 16 heures, alors que nous sommes déjà bien fatigués des multiples montées de la journée, nous décidons de ne pas poursuivre notre chemin car la route ne cesse de monter et le soleil va vite se coucher derrière les montagnes. Nous devons trouver où dormir. Nous faisons demi-tour pour retrouver les dernières maisons et demander  à un  habitant un endroit pour planter notre tente. Le dialogue se complique depuis que nous sommes dans les montagnes car le peuple berbère  possède son propre langage. L’homme nous invite tout de suite à boire le thé. Les filles jouent à courir après les poules et les chats et puis, c’est la brebis, mécontente du dérangement occasionné près de ses petits, qui se met à courir après les filles !
Finalement, le chef de famille, Abdelkader,  va couper du bois et allume le poêle dans une pièce vide. Les murs sont faits en torchis et le sol en terre battue. Sa fille d’une vingtaine d’année, Saadi, s’active pour y déposer une grande natte et quelques peaux de moutons et nous fait signe de nous assoir. Elle commence à peler les pommes de terre. Je lui propose de l’aider. Mais lorsque je sors l’éplucheur de nos bagages et lui démontre son efficacité, elle est toute hébétée et me tend son couteau en échange. Arnaud amuse ses petits frères en montrant des photos d’eux sur l’écran de notre appareil numérique et puis ces garçons découvrent les 2, 3 livres que Noémie leur prête. Ils tournent les pages à l’envers et certains  tiennent même le livre la tête en bas. C’est pour eux la première fois. Les 2 plus grands doivent avoir 7 ou 8 ans. Ils passent leur journée à garder les moutons et les faire paître. Le matin, ce sont les premiers à avoir quitté la maison.

Maroc 1808J’apprends à Saadi,  qui veut  recopier du français, qu’on écrit de gauche à droite et non de droite à gauche. On explique à Noémie que ces enfants ne peuvent pas aller à l’école car elle est trop loin.
Le tajine cuit lentement sur les braises, il est 22 heures lorsque nous mangeons encore vêtus de nos cuissards. Ils nous donnent quelques couvertures pour dormir sur les peaux de mouton. Nous n’aurons pas à planter la tente. Eux dorment tout habillés. Nous faisons de même. Au réveil, les enfants ont les mêmes fripes sur eux. Alors que nous voyageons pour 7 mois avec l’équivalent d’un sachet en plastique d’habits par personne, nous avons l’impression d’en avoir déjà dix fois plus qu’eux. Leur seul surplus semble être les couvertures que d’ailleurs, la mère aveugle me tend en faisant rouler ses trois doigts pour m’indiquer que je pourrais lui en acheter une. C’est vrai qu’elles sont belles ces couvertures berbères en laine de mouton, mais je lui explique que nous n’avons pas de place dans nos remorques et tout le monde rigole ! Nous quittons cette famille et le sourire de Saadi en leur disant « Choukhran bezef » (merci beaucoup).L’échange  immatériel peut être plus fort. Au loin encore, la famille nous fait de grands signes et nous repartons encore une fois émus.


Maroc 1815 Là où nous sommes passés, les enfants qui accourent au bord des routes nous saluent simplement avec un grand sourire. Dans certains endroits touristiques, ils réclament un stylo ou de l’argent et préfèrent attendre le touriste qui donnera plutôt que d’aller à l’école. Les responsables touristiques agissent désormais pour éradiquer ce fléau.


DSC00246Lentement mais sûrement nous franchissons le col à plus de 2400 mètres d’altitude. La pente étant parfois trop raide pour pouvoir continuer à appuyer sur les pédales. Noémie est alors fière de marcher à nos côtés et même de pousser la remorque. Romane s’impatiente et commence à pleurnicher. Il est déjà 13 heures, elle a faim. Nous la faisons patienter avec une pomme avant de trouver un endroit plat pour s’arrêter. Le paysage est de toute beauté. Très vite les filles oublient les tensions dues à la faim et la fatigue et se mettent à jouer avec la neige et les cailloux. Elles ont le visage et les mains couleurs locales, la peau tannée et asséchée par le soleil et recouverte de crasse. Une boîte de sardines et un reste de pain sec les satisferont  jusqu’au prochain tajine !


Maroc 1917Nous sommes maintenant à Imilchil,  un paisible village à 2200 mètres balayé par le vent froid. Les habitants vaquent à leurs occupations dans une ambiance calme et sereine. Nous savourons le tajine près du poêle entourés d’hommes en djellaba.  Nous y resterons deux jours le temps de laver du linge, se reposer un peu et de profiter de cet environnement  en faisant de petites balades à pied ou sur le dos d'un âne.

Maroc 2033

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commentaires

Edith 31/03/2012 11:50

Quel beau voyage ,je constate que Noémie et Romane s'adaptent très bien .Continuez à nous faire rêver par procuration ,les paysages sont superbes ! bonne continuation ,bises à vous 4

tandaimenature 08/04/2012 18:57



Merci beaucoup. La toute petite s'adapte à tout, la grande a desfois des petits moments de crise lorsqu'on est en ville car trop d'interdits et de danger à son goût surement, elle préfère un
champs d'herbe pour courir où elle veut!



mireille issaurat 16/03/2012 23:51

Quelle belle expérience familiale et surtout quelle belle leçon de vie et d'abnégation matérielle pour privilégier l'essentiel : la qualité des rencontres et la connaissance de l'autre dans des
lieux tellement différents. BRAVO à vous!!!bises aux petites. Mireille secrétaire du collège les mille étangs (à la retraite)

tandaimenature 17/03/2012 22:49



merci beaucoup!C'est vrai, une fois le superflu enlevé, on a le sentiment de toucher l'essentiel!



Sabrina Jauze 14/03/2012 08:45

Meme pas jalouse...
Moi je sors de surveillance bac blanc... De quoi vous faire réver! ah vous faites moins les malins la!
Bon, trop terribles les paysages... Vous devez vous gaver et vous avez bien raison. Bonne continuation et merci pour ces nouvelles et ces très jolies photos.

tandaimenature 15/03/2012 23:00


C'est comme on dit la cerise sur le gateau quand on a vécu avant des moments plus durs, la nature nous surprend ainsi souvent! Bises à oi et aux collègues et bon courage pour la reprise!


Christine FARQUE - GENESTIER 12/03/2012 21:31

Vraiment extra-ordinaire ce que vous vivez actuellement: "le partage" et ce n'est pas un vain mot! Pourquoi dans notre société, nos politiques ont occulté ce mot de leur vocabulaire? Je pense fort
à vous quatre et vous souhaite de continuer à faire de belles rencontres et de vous extasier sur des paysages fabuleux.Quelle chance, vous avez! Bisous. Christine

tandaimenature 15/03/2012 22:59


Merci beaucoup pour ta pensée et bonne reprise!


NICOLAS 12/03/2012 20:53

Très contente de savoir que tout va bien. Continuez de nous faire aimer et rêver du Maroc par vos récits Bisous à tous les quatre. babeth

tandaimenature 15/03/2012 22:58


Merci et bon courage pour la reprise!